Comment j’ai revu mes préjugés sur la cuisine crue

– Quoi, tu es encore sur l’ordinateur ?

– Mais chéri, je cherche une recette pour le repas du soir !

– Depuis deux heures ?

Chez vous aussi, ça sent le vécu ?

Si, comme moi, vous aimez perdre votre temps vous inspirer sur Pinterest , vous avez sans doute vu passer des images de recettes « crues ». Spaghettis de courgettes, brownies ou tartes sans cuisson et autres graines germées… Quelle idée !

Mais pourquoi pourrait-on bien vouloir manger cru ?

Je dois dire qu’au début, j’ai classé la cuisine crue dans la catégorie « lubie alimentaire venue d’outre-Atlantique », comme la mode des super-aliments, la cuisine paléo ou le café au beurre. Je me suis dit que cela devait être l’un de ces régimes inventé par des actrices voulant vendre du rêve et des livres de cuisine, et je n’y ai pas prêté plus d’attention que ça.

J’ai toujours aimé passer du temps en cuisine et j’adore goûter à de nouvelles choses. Je lis des recettes comme on lit des romans, et j’ai beaucoup trop de livres de cuisine (en tout cas au goût de mon cher mari). Malgré tout, je n’étais pas du tout attirée par ces recettes crues.

Pour résumer, je pensais que la cuisine crue, c’était :

Trop léger. Vous savez, réservé aux filles minces qui font du Pilates et qui se nourrissent de salade. Croyez-moi, j’aimerais bien être comme ça, mais je ne pense pas que je tiendrais bien longtemps.

Indigeste. J’ai l’estomac sensible. Par exemple, je ne peux pas boire du thé le matin, je dois attendre plusieurs heures après avoir mangé sinon il repasse directement dans l’autre sens. Alors des jus de légumes verts ? Des soupes crues ? De l’oignon cru ?

Compliqué. Les recettes sur lesquelles j’étais tombée semblaient exiger beaucoup de matériel que je n’avais pas (blender à haute vitesse, spiralizer, germoir à graines, déshydrateur, extracteur du jus, robot culinaire). Et ma cuisine est trop petite pour tout ça !

Et pourtant…

Depuis notre déménagement à Abu Dhabi, nous avons apporté des changements radicaux à notre alimentation. Avant de partir, j’étais déjà très attachée à la qualité de notre nourriture : nous mangions principalement bio, local et de saison. Notre épicerie préférée était plus petite que mon appartement, et j’y trouvais presque tout ce dont j’avais besoin pour la semaine. En arrivant, nous avons dû trouver nos repères. Des magasins immenses, des fruits et légumes bio suremballés, la viande, le fromage et les œufs bio importés de très loin et très chers. Nous avons mis de côté nos habitudes alimentaires pendant un certain temps.

Nous sommes arrivés en plein été et avons passé les deux premiers mois en hôtel-appartement, je n’avais donc pas grand-chose à faire (et en plus je ne connaissais personne). Niall faisait encore deux siestes par jour. Bref, j’avais tout le temps pour traîner sur le Web et regarder des documentaires sur Youtube. Voilà un passe-temps à ne pas adopter à la légère, en tout cas si vous ne cherchez pas à vous dégoûter à tout jamais de la nourriture industrielle.

Ce fut une période intense de découvertes et de réflexion, où j’ai ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Dans le domaine de l’alimentation, cette prise de conscience s’est traduite par la décision de ne plus acheter ni viande, ni poisson, et de diminuer notre consommation d’œufs et de produits laitiers. Aujourd’hui, nous mangeons à 95 % végétalien à la maison, ce que je n’aurais jamais imaginé possible il y a encore deux ans. Et pourtant, j’avais une amie végane qui publiait de super recettes, mais je ne voyais pas à l’époque pourquoi changer mes habitudes.

En continuant à regarder des documentaires (on va dire que c’est un peu devenu une addiction), je suis tombée sur ce témoignage de l’actrice Armelle et sur ce documentaire sur Irène Grosjean, une octogénaire qui donnerait presque l’envie de vieillir. Ces femmes qui rayonnent de santé et d’énergie positive attribuent leur forme à leur régime crudivore… Je n’adhère pas à tout ce qu’elles disent dans les documentaires, notamment le côté New Age qui me passe complètement au dessus de la tête. Mais, disons qu’en vivant 24 heures sur 24 avec un gamin de trois ans, j’aurais bien besoin d’une petite dose d’énergie supplémentaire, alors j’ai eu envie d’essayer !

J’ai commencé par des brownies crus, et outre le fait que ça soit délicieux et facile à préparer, ce que j’ai trouvé le plus surprenant, c’est que je pouvais me satisfaire d’une ou deux parts et me sentir rassasiée. Alors que si j’ouvre un paquet de brownies du commerce, eh bien je peux facilement finir le paquet dans la journée.

Ensuite, comme le hasard fait bien les choses, Maryline du blog « From Here to There » a organisé des ateliers sur la cuisine crue. Comme j’hésitais à investir dans du matériel de cuisine, j’étais ravie de pouvoir profiter des conseils d’une spécialiste, et de pouvoir voir (et surtout… goûter) si la cuisine crue, c’était pour moi ou pas.

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Pendant trois heures d’atelier, Maryline nous a parlé tout en cuisinant des bienfaits de l’alimentation crue et de ses ingrédients phares comme les graines germées, les jus, les super aliments, etc. Nous avons eu l’occasion d’essayer pas mal de recettes : jus vert, smoothie à l’ananas, tapenade d’olives Kalamata, ricotta de noix de macadamia, spaghettis de courgettes avec marinade de tomates, lasagnes crues, rouleaux de printemps, glace à la banane et au cacao.

J’ai vraiment eu l’impression de prendre part à un festin, tant les goûts et les textures étaient variés. Et malgré tout ce que j’avais mangé, je ne me sentais pas « lourde » l’après-midi. Mon fils, qui était présent, a goûté à tout et en a redemandé, y compris les graines germées. Il n’est pas difficile en général, mais j’ai trouvé cela de bon augure, car si j’introduis de nouvelles recettes dans notre quotidien, je veux qu’elles plaisent à toute la famille.

Mais voyez plutôt…

Ricotta de noix de macadamia 

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Spaghettis de courgette et leur sauce 

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Lasagne crue 

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Nous sommes repartis avec quelques gourmandises supplémentaires (l’Homme a adoré les spaghettis de courgettes) et un livret pratique d’explications et de recettes.

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Alors, adoptée, la cuisine crue ?

L’atelier a eu lieu il y a deux mois, et m’a réellement motivée à ajouter plus de cru à notre alimentation. Depuis, nous avons acheté un spiralizer et un robot culinaire, et je m’en sert souvent. Je fait des spaghettis de courgette, des pâtisseries crues, des soupes crues et j’ai refait la ricotta de noix de macadamia. Test ultime, je l’ai amenée au playgroup de Niall où elle a été dévorée.

Quand je mange cru, je mange moins, ce qui est une bonne chose pour moi. Je me sens plus vite rassasiée et j’ai l’impression que la nourriture crue me donne plus d’énergie. Je ne pense pas passer au 100 % cru un jour, mais je vais certainement continuer à explorer cette alimentation.

La recette du jour : spaghettis de courgettes et sauce crue à la tomate

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C’est la recette super facile et rapide qui plaît à tout le monde à la maison. Les spaghettis de courgette ont un goût assez neutre et une texture proche des spaghettis al dente.

 

Ingrédients pour 4 personnes :

500 gr de courgettes

3 tomates fraîches

1 poivron rouge

2 dattes dénoyautées

1 petite gousse d’ail

2 c.à s. d’huile d’olive

quelques feuilles de basilic

sel, poivre

Préparation (15 minutes) :

Passer les courgettes dans le spiralizer.

Mettre les autres ingrédients dans le robot culinaire et mixer jusqu’à l’obtention d’une sauce.

Et c’est prêt !

 

 

 

 

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3 réflexions sur “Comment j’ai revu mes préjugés sur la cuisine crue

  1. Bonjour UmmNiall 🙂
    Très sympa ton article même si je n’ai jamais eu de tels préjugés… J’aime juste manger chaud! Je vais malgré tout tester cette recette qui a l’air bien goûteuse. Par contre pas de ‘spiralizer’ à disposition mais je devrais pouvoir obtenir quelque chose de comestible avec l’économe.
    Mon conseil: n’hésite pas pour l’extracteur de jus. Depuis que nous en avons acheté un il y a deux mois, je ne fais plus de halte au rayon des jus du supermarché; je n’y pense même pas en fait.
    Portez-vous bien,
    Najoua.

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  2. Pingback: Où trouver des produits végétariens à Abu Dhabi ? | Dans le désert climatisé

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