Spaghettis à la carbonara aux aubergines fumées

Alors, si vous êtes Italien(ne), ou que vous comptez au moins un « Nonno » ou une « Nonna » parmi vos ancêtres, ou que vous êtes le fantôme de Jean-Pierre Coffe, je vous arrête tout de suite. Je sais qu’il n’y a pas de crème fraîche dans la vraie recette des pâtes à la carbonara.

Mais ça tombe bien, puisque la recette que je partage ce lundi ne contient pas de crème fraîche !

Ni d’œufs d’ailleurs.

Ni de porc, bien sûr.

Ni de fromage, en fait.

Bref. Il y a des pâtes. Donc je ne sais pas si j’ai le droit d’appeler cette recette « Spaghetti à la carbonara », mais si les ingrédients n’y sont pas, la sensation y est. La sauce est crémeuse, goûteuse et les aubergines caramélisées au four ajoutent une texture intéressante et ont un goût fumé qui rappelle les lardons.

Alors, comment obtient-on une sauce crémeuse sans utiliser de produits laitiers, et comment donne-t-on un goût fumé aux aubergines sans faire de feu de camp dans sa cuisine ? Grâce à deux ingrédients magiques et polyvalents, le tofu soyeux et le paprika fumé. Je vous avais déjà parlé du tofu soyeux pour remplacer les œufs brouillés dans un plat de riz sauté, le voici maintenant transformé en sauce (et si vous saviez… tout ce qu’on peut encore faire avec, vous n’avez encore rien vu !). Quant au paprika fumé, on le trouve chez Waitrose. C’est bien simple, je dois me retenir pour ne pas en mettre dans tous mes plats  ! Attention de vérifier qu’il s’agit de paprika doux, par contre. J’ai aussi du paprika fort et je m’en sers bien sûr, mais plus parcimonieusement !

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Pour remplacer le fromage, j’utilise un mélange de levure maltée et d’amandes en poudre. J’ai un amour immodéré pour la levure maltée, j’en mets dans les soupes, dans les sauces, dans les salades, dans les quiches… Allez j’avoue, j’ai dû un jour aller jusqu’à Dubaï parce qu’Abu Dhabi était en rupture de stock de levure maltée. Pas très écolo ça ! Maintenant j’ai compris la leçon et j’achète deux paquets à la fois !

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C’est une recette tirée à la base du livre de Chloe Coscarelli « Chloe’s Vegan Italian Kitchen », un peu adaptée à ma sauce. J’ai par exemple remplacé les shiitakés par des aubergines, plus locales et surtout moins lourdes pour le portefeuille ! Je vous conseille vraiment ce livre, soit dit en passant. C’est l’un de ceux que je ressort souvent quand j’ai besoin d’inspiration, car il est plein de recettes simples et originales. Son autre livre a été traduit en français (il est sur ma liste de bouquins à acheter la prochaine fois que j’irai en Europe) et j’espère que celui-ci suivra.

En général, quand je cuisine pour le soir, je prévois un peu plus pour que l’Homme puisse emporter les restes au travail le lendemain. Mais avec cette recette, même si j’en fais plus, il n’y a pas de restes !

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Ingrédients pour 4 personnes

250 grammes de spaghettis

2 petites aubergines, ou une grosse, détaillée en « lardons »

1 paquet de tofu soyeux

2 oignons hachés

2 gousses d’ail hachées

50 grammes de levure maltée

50 grammes d’amandes en poudre

3 c. à s. de paprika fumé

Huile d’olive

1 c. à s. de vinaigre de cidre

Sel et poivre

Préparation

Étaler les lardons d’aubergines dans un plat allant au four. Napper d’huile d’olive, ajouter le vinaigre de cidre, saler, poivrer et saupoudrer du paprika fumé. Bien mélanger pour que les aubergines soient imprégnées de marinade fumée, et enfourner à 250 degrés, pour 30 minutes. Mélanger toutes les cinq minutes avec une spatule, jusqu’à ce que les aubergines soient tendres et légèrement caramélisées.

Pendant que les aubergines cuisent, faire revenir les oignons et l’ail dans l’huile d’olive, à feu vif, jusqu’à ce qu’ils soient brunis mais pas brûlés. Dans un blender ou avec un mixeur-plongeur, ajouter le tofu, les amandes et la levure maltée. Mixer jusqu’à l’obtention d’une sauce lisse. Saler, poivrer et réchauffer la sauce.

Quand les aubergines sont cuites, les ajouter à la sauce, couvrir et éteindre le feu.

Cuire les pâtes selon les instructions de l’emballage. Égoutter et ajouter la sauce.

Si vous goûtez, vous m’en direz des nouvelles !

 

 

 

 

 

 

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Omelette espagnole… sans œufs !

Bonjour cher lecteurs et lectrices !

Je n’oublie pas que j’ai promis de partager mes recettes familiales tous les lundis, ou presque… Aujourd’hui, je vous propose une recette qui demande un peu de préparation, mais qui est idéale pour emporter à un pique-nique car elle est délicieuse chaude ou froide.

Même si elle prend un peu plus de temps que mes recettes habituelles, je la cuisine régulièrement pour faire plaisir à mon homme. Celui-ci, dans sa folle jeunesse, a fait un séjour Erasmus en Espagne. Outre nombreuses histoires de soirées débridées (mon Erasmus en Allemagne n’était pas triste non plus, mais mes amis ne m’ont quand même jamais retrouvée endormie debout dans un buisson), il lui en est resté un espagnol paraît-il assez bon, et le goût du rioja  et de la tortilla de patatas. Du temps où on mangeait encore des plats préparés industriels, on en achetait assez souvent.

J’ai aussi essayé d’en faire à la maison, mais c’était à chaque fois un raté. Soit les pommes de terre n’étaient pas assez cuites, soit je n’arrivais pas à détacher le fond de l’omelette, soit elle se délitait lamentablement quand j’essayais de la retourner. C’était avant de commencer à m’intéresser aux recettes sans produits animaux, et de tomber sur cette recette du site Simple Vegan. La voici, un peu adaptée à ma façon après quelques essais.

 

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Le secret pour faire une omelette qui se tient ? Précuire les rondelles de pommes de terre et les oignons dans un fond d’eau, et utiliser de la farine de pois chiche pour remplacer les œufs. La farine de pois chiche se trouve très facilement à Abu Dhabi sous le nom de « gram flour » ou « besan » (regarder au rayon des légumineuses).

Ingrédients pour 6 personnes

4 pommes de terres moyennes, coupées en rondelles de 3 mm

1 oignon émincé

1 gousse d’ail pressée

1 petite tasse de farine de pois chiche

2 petites tasses d’eau

2 c. à s. d’huile d’olive

sel et poivre

Préparation

Faire cuire l’ail, les oignons et les pommes de terre à feu moyen dans une sauteuse couverte avec l’huile d’olive et la première tasse d’eau, jusqu’à ce que les pommes de terre soient cuites mais restent assez ferme.

Égoutter les oignons et pommes de terre. Dans un grand bol, battre au fouet la farine de pois chiche et la deuxième tasse d’eau jusqu’à obtenir une consistance crémeuse. C’est le moment de saler et poivrer. Mélanger avec les oignons et pommes de terre, et verser dans un moule à gâteau huilé en silicone (la recette originale utilise une poêle sur la cuisinière, mais je trouve que le four donne un meilleur résultat).

Cuire à 180 degrés pendant 20 minutes, jusqu’à ce que le dessus soit « pris » et légèrement doré.

 

Comment j’ai revu mes préjugés sur la cuisine crue

– Quoi, tu es encore sur l’ordinateur ?

– Mais chéri, je cherche une recette pour le repas du soir !

– Depuis deux heures ?

Chez vous aussi, ça sent le vécu ?

Si, comme moi, vous aimez perdre votre temps vous inspirer sur Pinterest , vous avez sans doute vu passer des images de recettes « crues ». Spaghettis de courgettes, brownies ou tartes sans cuisson et autres graines germées… Quelle idée !

Mais pourquoi pourrait-on bien vouloir manger cru ?

Je dois dire qu’au début, j’ai classé la cuisine crue dans la catégorie « lubie alimentaire venue d’outre-Atlantique », comme la mode des super-aliments, la cuisine paléo ou le café au beurre. Je me suis dit que cela devait être l’un de ces régimes inventé par des actrices voulant vendre du rêve et des livres de cuisine, et je n’y ai pas prêté plus d’attention que ça.

J’ai toujours aimé passer du temps en cuisine et j’adore goûter à de nouvelles choses. Je lis des recettes comme on lit des romans, et j’ai beaucoup trop de livres de cuisine (en tout cas au goût de mon cher mari). Malgré tout, je n’étais pas du tout attirée par ces recettes crues.

Pour résumer, je pensais que la cuisine crue, c’était :

Trop léger. Vous savez, réservé aux filles minces qui font du Pilates et qui se nourrissent de salade. Croyez-moi, j’aimerais bien être comme ça, mais je ne pense pas que je tiendrais bien longtemps.

Indigeste. J’ai l’estomac sensible. Par exemple, je ne peux pas boire du thé le matin, je dois attendre plusieurs heures après avoir mangé sinon il repasse directement dans l’autre sens. Alors des jus de légumes verts ? Des soupes crues ? De l’oignon cru ?

Compliqué. Les recettes sur lesquelles j’étais tombée semblaient exiger beaucoup de matériel que je n’avais pas (blender à haute vitesse, spiralizer, germoir à graines, déshydrateur, extracteur du jus, robot culinaire). Et ma cuisine est trop petite pour tout ça !

Et pourtant…

Depuis notre déménagement à Abu Dhabi, nous avons apporté des changements radicaux à notre alimentation. Avant de partir, j’étais déjà très attachée à la qualité de notre nourriture : nous mangions principalement bio, local et de saison. Notre épicerie préférée était plus petite que mon appartement, et j’y trouvais presque tout ce dont j’avais besoin pour la semaine. En arrivant, nous avons dû trouver nos repères. Des magasins immenses, des fruits et légumes bio suremballés, la viande, le fromage et les œufs bio importés de très loin et très chers. Nous avons mis de côté nos habitudes alimentaires pendant un certain temps.

Nous sommes arrivés en plein été et avons passé les deux premiers mois en hôtel-appartement, je n’avais donc pas grand-chose à faire (et en plus je ne connaissais personne). Niall faisait encore deux siestes par jour. Bref, j’avais tout le temps pour traîner sur le Web et regarder des documentaires sur Youtube. Voilà un passe-temps à ne pas adopter à la légère, en tout cas si vous ne cherchez pas à vous dégoûter à tout jamais de la nourriture industrielle.

Ce fut une période intense de découvertes et de réflexion, où j’ai ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Dans le domaine de l’alimentation, cette prise de conscience s’est traduite par la décision de ne plus acheter ni viande, ni poisson, et de diminuer notre consommation d’œufs et de produits laitiers. Aujourd’hui, nous mangeons à 95 % végétalien à la maison, ce que je n’aurais jamais imaginé possible il y a encore deux ans. Et pourtant, j’avais une amie végane qui publiait de super recettes, mais je ne voyais pas à l’époque pourquoi changer mes habitudes.

En continuant à regarder des documentaires (on va dire que c’est un peu devenu une addiction), je suis tombée sur ce témoignage de l’actrice Armelle et sur ce documentaire sur Irène Grosjean, une octogénaire qui donnerait presque l’envie de vieillir. Ces femmes qui rayonnent de santé et d’énergie positive attribuent leur forme à leur régime crudivore… Je n’adhère pas à tout ce qu’elles disent dans les documentaires, notamment le côté New Age qui me passe complètement au dessus de la tête. Mais, disons qu’en vivant 24 heures sur 24 avec un gamin de trois ans, j’aurais bien besoin d’une petite dose d’énergie supplémentaire, alors j’ai eu envie d’essayer !

J’ai commencé par des brownies crus, et outre le fait que ça soit délicieux et facile à préparer, ce que j’ai trouvé le plus surprenant, c’est que je pouvais me satisfaire d’une ou deux parts et me sentir rassasiée. Alors que si j’ouvre un paquet de brownies du commerce, eh bien je peux facilement finir le paquet dans la journée.

Ensuite, comme le hasard fait bien les choses, Maryline du blog « From Here to There » a organisé des ateliers sur la cuisine crue. Comme j’hésitais à investir dans du matériel de cuisine, j’étais ravie de pouvoir profiter des conseils d’une spécialiste, et de pouvoir voir (et surtout… goûter) si la cuisine crue, c’était pour moi ou pas.

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Pendant trois heures d’atelier, Maryline nous a parlé tout en cuisinant des bienfaits de l’alimentation crue et de ses ingrédients phares comme les graines germées, les jus, les super aliments, etc. Nous avons eu l’occasion d’essayer pas mal de recettes : jus vert, smoothie à l’ananas, tapenade d’olives Kalamata, ricotta de noix de macadamia, spaghettis de courgettes avec marinade de tomates, lasagnes crues, rouleaux de printemps, glace à la banane et au cacao.

J’ai vraiment eu l’impression de prendre part à un festin, tant les goûts et les textures étaient variés. Et malgré tout ce que j’avais mangé, je ne me sentais pas « lourde » l’après-midi. Mon fils, qui était présent, a goûté à tout et en a redemandé, y compris les graines germées. Il n’est pas difficile en général, mais j’ai trouvé cela de bon augure, car si j’introduis de nouvelles recettes dans notre quotidien, je veux qu’elles plaisent à toute la famille.

Mais voyez plutôt…

Ricotta de noix de macadamia 

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Spaghettis de courgette et leur sauce 

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Lasagne crue 

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Nous sommes repartis avec quelques gourmandises supplémentaires (l’Homme a adoré les spaghettis de courgettes) et un livret pratique d’explications et de recettes.

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Alors, adoptée, la cuisine crue ?

L’atelier a eu lieu il y a deux mois, et m’a réellement motivée à ajouter plus de cru à notre alimentation. Depuis, nous avons acheté un spiralizer et un robot culinaire, et je m’en sert souvent. Je fait des spaghettis de courgette, des pâtisseries crues, des soupes crues et j’ai refait la ricotta de noix de macadamia. Test ultime, je l’ai amenée au playgroup de Niall où elle a été dévorée.

Quand je mange cru, je mange moins, ce qui est une bonne chose pour moi. Je me sens plus vite rassasiée et j’ai l’impression que la nourriture crue me donne plus d’énergie. Je ne pense pas passer au 100 % cru un jour, mais je vais certainement continuer à explorer cette alimentation.

La recette du jour : spaghettis de courgettes et sauce crue à la tomate

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C’est la recette super facile et rapide qui plaît à tout le monde à la maison. Les spaghettis de courgette ont un goût assez neutre et une texture proche des spaghettis al dente.

 

Ingrédients pour 4 personnes :

500 gr de courgettes

3 tomates fraîches

1 poivron rouge

2 dattes dénoyautées

1 petite gousse d’ail

2 c.à s. d’huile d’olive

quelques feuilles de basilic

sel, poivre

Préparation (15 minutes) :

Passer les courgettes dans le spiralizer.

Mettre les autres ingrédients dans le robot culinaire et mixer jusqu’à l’obtention d’une sauce.

Et c’est prêt !