Mise au vert en Transylvanie

Dire qu’à l’origine, on avait prévu de passer nos vacances ici, à Abu Dhabi.

Je ne le dis pas souvent, mais

LOL.

Vous pourriez penser qu’après avoir débarqué ici en juin et avoir survécu à juillet et août 2014, on aurait compris la leçon ? Il faut croire que l’été émirien, c’est un peu comme les douleurs de l’enfantement, on oublie ce que c’est vraiment… On pense qu’on sait ce qui nous attend et qu’on va pouvoir y faire face avec dignité et sérénité, et puis on se retrouve à supplier qu’on nous donne la péridurale / un billet d’avion pour n’importe quel endroit où il fait VERT, où on peut manger en TERRASSE et se promener DEHORS. De préférence sans malls et peut-être même avec un petit peu de pluie, on n’est pas difficile, hein, tant qu’il n’y a pas de sable. SURTOUT PAS DE SABLE !

Bref, on se retrouve au milieu du mois de mai avec l’envie de partir quelque part en juillet, et on se décide pour la Roumanie, et plus spécifiquement la Transylvanie. Pourquoi la Roumanie ?

Tout d’abord, parce que ce n’est pas trop loin : 4 heures 30 de vol. Si on avait plus ou moins oublié à quel point l’été ici pouvait être insupportable, le traumatisme de notre dernier terrifiant voyage en avion avec un rejeton de l’enfer notre fils ne s’est pas encore effacé.

Ensuite, soyons honnête, parce que c’est une destination bon marché. Nous avons dormi dans des hôtels propres et confortables en payant au maximum 200 AED la nuit à Bucarest et bien moins en Transylvanie. Nous nous attendions à ce que les restaurants ne coûtent pas cher, mais pas à ce que la nourriture soit aussi délicieuse, variée et copieuse. Végétarienne, je m’étais plus ou moins préparée à ne manger que du chou bouilli et des pommes de terre pendant notre séjour, et en fait j’ai grossi fait honneur à la gastronomie locale.

Et puis, imaginez des forêts brumeuses où rôdent encore les ours et les loups, des châteaux de contes de fées perchés sur les montagnes, et surtout des habitants chaleureux qui gardent vivantes des traditions disparues depuis longtemps ailleurs.

Des traditions comme faire les foins à la main, par exemple !

Comme faire les foins à la main, par exemple !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la Roumanie est un pays qui gagne à être connu.

Résumé de douze jours enchantés

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Jour 1 et 2

Arrivée et visite de Bucarest. Si on devait résumer notre impression de Bucarest en une seule phrase, c’est « moins moche » que ce à quoi nous nous attendions. Nous avons été étonnés par l’aspect hétéroclite de l’architecture : immeubles rococos restaurés côtoyant des barres communistes en voie d’émiettement, tours modernes en verre surplombant de petites églises orthodoxes.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Vous voyez ce que je veux dire ?

Sinon, nous avons été ravis par les nombreux parcs, les terrasses et par le simple fait de pouvoir nous promener à l’extérieur sans suffoquer. Notre hôtel (Mercure City Center) se trouvait dans le centre, près de nombreux musées et entouré de petits restos plus alléchants les uns que les autres.

Nous avons dégusté notre premier repas roumain au restaurant Caru Cu Bere, dans le centre historique. Un peu touristique, ce qui se comprend quand on admire le magnifique décor à l’intérieur. Malgré le monde, le service était sympa et surtout, Niall a particulièrement apprécié le spectacle de danse folklorique !

Et après, il a réclamé des danses folkloriques à chaque fois qu'on a allumé la télévision.

Et après, il a réclamé des danses folkloriques à chaque fois qu’on a allumé la télévision.

Jours 3, 4 et 5

On aurait pu encore rester quelques jours à Bucarest pour faire le tour des musées, des parcs et des terrasses mais ce qu’on voulait nous, c’était du vert, des fleurs, des poules, des loups, bref, combler notre manque de nature ! Nous avons récupéré notre voiture de location pour nous lancer sur les routes roumaines, ce qui est une aventure en soi, mais j’y reviendrai plus tard.

Direction Zărnești en Transylvanie. Au menu, découverte de la charmante ville saxonne de Braşov, visite du château de Bran, randonnée dans les montagnes du Parc National de Craiului (vive le Manduca !) et dégustation d’excellents plats roumains dans le restaurant de notre pension.

Ah, et on a entendu des loups deux nuits d’affilée…

Brasov, comme un petit coin d'Allemagne en Transylvanie.

Brasov, comme un petit coin d’Allemagne en Transylvanie.

Vue d'en-haut. On a pris le téléphérique mais la randonnée doit être sympa aussi !

Vue d’en-haut. On a pris le téléphérique mais la randonnée doit être sympa aussi !

Château de Bran.

Château de Bran.

Parc du château.

Parc du château.

Elle est où, Blanche-Neige ?

Elle est où, Blanche-Neige ?

Parc National de Craiului. Vous entendez les cloches des vaches et des moutons ?

Parc National de Craiului. Au loin, vous pouvez entendre sonner les cloches des vaches et des moutons.

Respirer l'air de la montagne à pleins poumons...

Respirer l’air de la montagne à pleins poumons…

Jour 6

Malgré notre envie de renouer avec la nature, nous craignions que la campagne roumaine ne soit trop « rustique » après Abu Dhabi, et nous avions donc prévu de petites étapes dans des villes touristiques, au cas où la civilisation nous manquerait. L’étape du jour : Sighisoara, jolie comme un village de poupées.

Centre de Sighisoara

Place principale.

Se perdre dans les ruelles moyenâgeuses...

Se perdre dans les ruelles moyenâgeuses…

Jours 7, 8 et 9

Trois jours dans les monts Apuseni, une région magnifique et authentique, mais plus reculée. Si nous avions su que nous mettrions autant de temps à arriver à notre destination, nous aurions sans doute prévu d’y passer plus de temps. Nous avons fait une charmante randonnée jusqu’à la cascade Varciorog, visité la « Grotte de Glace » de Scarisoara et fait du 4×4 sur les pistes forestières. Nous avons passé les trois nuits dans la Pension Vraja Montelui, que nous recommandons pour son sympathique propriétaire, son excellent restaurant et les meilleurs petit-déjeuners que nous ayons mangé pendant notre séjour en Roumanie.

Une cascade au fond des bois.

Une cascade au fond des bois.

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Descente vertigineuse vers la grotte de glace !

Il y a vraiment des gens qui habitent ici.

Il y a vraiment des gens qui habitent ici.

Juste pour voir ce paysage, ça valait la peine de conduire des heures sur des routes cabossées.

Juste pour voir ce paysage, ça valait la peine de conduire des heures sur des routes cabossées.

Jour 10

Nouvelle étape citadine à Sibiu. Jolie ville, un peu trop touristique à notre goût ! On a réalisé qu’on préférait de loin rester dans les montagnes. Mais c’était un excellent point de départ pour faire la route Transfagarasan le lendemain.

Sibiu a été capitale européenne de la culture en 2007.

Sibiu a été capitale européenne de la culture en 2007.

C'est joli. C'est propre. On voit plein de cars de retraités allemands.

C’est joli. C’est propre. Il y a plein de cars de retraités allemands.

Jour 11

Nous avons passé la journée à conduire. Juste pour le plaisir de conduire. Nous sommes allés de Sibiu à Sinaia, mais pas par le chemin le plus court, oh non ! Mon homme tenait absolument à passer par la route Transfagarasan qui a été désignée « meilleure route du monde » par le magazine Top Gear. En gros, c’est une route qui traverse cette chaîne de montagnes :

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Où c’est tellement joli que tu veux t’arrêter tous les 100 mètres pour prendre des photos :

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À condition de ne pas avoir le vertige, bien sûr :

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On s’est arrêté dans l’hôtel Valea cu Pesti pour manger. Le restaurant était complètement vide, ce qui me laisse perplexe. La nourriture était très bonne et le service rapide, du coup !

Parce que la vue de la terrasse est vraiment moche, peut-être ?

La vue de la terrasse est tellement moche, on comprend qu’il n’y ait personne !

Après le lac Vidraru, la route à commencé à sembler vraiment longue. Car ce n’est pas une expérience agréable que de conduire sur les petites routes roumaines (mais j’y reviendrai). Comme j’avais laissé l’Homme organiser cette partie du voyage, je ne m’attendais pas à repasser par le Parc de Craiului en revenant. Une bonne surprise.

La montagne, c'est beau tout le temps, même sous l'orage.

La montagne, c’est beau tout le temps, même sous l’orage.

Nous avons passé la nuit à Sinaia. Une station de montagne visiblement très populaire, mais que nous n’avions plus le courage de visiter après avoir passé la journée à conduire. Nous avons rejoint les bras de Morphée directement après notre repas dans l’excellent restaurant de l’hôtel Smart.

Dernier jour

Impossible de quitter Sinaia sans passer par le château Peles, l’un des châteaux les plus connus de Roumanie. Malheureusement, nous sommes étions trop matinaux pour visiter l’intérieur (il faut dire que Niall nous avait plus ou moins encouragés à nous lever tôt). Malgré tout, la balade dans le parc qui entoure le château Peles et son voisin le château Pelisor valait tout à fait le déplacement. C’était un dernier moment féerique avant de rejoindre Bucarest et puis Abu Dhabi.

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Le château Peles

Le château Pelisor

Le château Pelisor

Notre coup de gueule : conduire en Roumanie

Alors, ce n’est pas le fait de doubler les charrettes à cheval.

Si.

Si.

Ce n’est pas l’état des routes. En fait, les routes sont étroites, mais nous n’avons rencontré que quelques sections où il fallait vraiment faire attention aux nids de poule. Et rien de bien effrayant pour qui a déjà eu le plaisir de conduire sur les routes de Wallonie.

Mais les camions qui dépassent à toute vitesse dans les petits villages ? Les chauffards qui dépassent dans les tournants sur les routes de montagne (et en Dacia, pour l’amour de Dieu) ? Les gens qui ne tiennent pas leur droite dans les tournants des routes étroites ?

Sérieusement ?

On a eu peur, mais vraiment peur, de rencontrer une fin précoce au détour d’une route roumaine. Au moins trois ou quatre fois.

Et parce que j’aime finir sur une note positive…

Notre coup de cœur : la pension Hora cu Brazi à Zarnesti

Ah, le bel, le bel endroit.

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Nous avions choisi cette pension car elle était située à l’orée du Parc National de Craiului et tout près de plusieurs endroits que nous tenions à visiter en Transylvanie, comme la ville de Brasov et le château de Bran. Les avis sur Booking étaient excellents et pourtant, ils ne lui rendent pas justice. Oui, c’est vrai que la vue depuis la chambre est magnifique :

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Mais il y a plus. C’est réellement un endroit qui a une âme. Je ne sais pas si cela tient à la gentillesse des gens qui y travaillent et qui prennent le temps de discuter avec leurs hôtes, si c’est la décoration kitsch mais charmante, les fleurs partout, ou si c’est parce qu’il y a un grand jardin avec des jeux et une mini-ferme pleine d’animaux pour le plus grand plaisir des enfants.

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Oh, et le restaurant. Un rêve pour les amateurs de gastronomie locale. Une des employées m’a dit que 80 % des produits servis provenaient de leur potager, verger et ferme. L’Homme a mangé des truites grillées au barbecue que le cuisinier venait de pêcher dans leur bassin à truites. Il a aussi bu du lait qu’on venait de traire de la vache. Je me suis régalée avec leurs nombreux plats végétariens, et j’ai d’ailleurs essayé d’en reproduire certains depuis notre retour.

Le bassin à truites

Le bassin à truites

Après trois nuits, nous avons eu un pincement au cœur au moment de partir. D’ailleurs, c’est bien simple, si nous revenons en Roumanie, ce que j’espère, on ira directement là-bas et on y restera toutes les vacances !

On sait qu’on a passé de bonnes vacances quand on est triste de partir. Et c’était le cas, vraiment.

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Deux nuits sous la tente

Quand l’Homme m’a parlé pour la première fois de la possibilité de déménager à Abu Dhabi, j’ai paniqué. Nous avions emménagé moins de deux ans auparavant dans une vieille maison à la campagne, j’arrivais enfin à faire pousser des légumes sans que tout ne se fasse dévorer par les limaces, je commençais juste à faire connaissance avec les gens du village, j’étais en train de me lancer comme traductrice indépendante…

Une des premières choses que j’ai pensé, c’est :

« On ne verra pas les premières pommes. »

Hé oui, nous venions de planter deux jeunes pommiers au fond du jardin. Je voyais notre fils grandir dans cette maison, aller en vélo à l’école du village, ramener ses copains pour goûter une tarte préparée avec  les pommes du jardin.

Moi, renoncer à tout cela pour aller m’enfermer dans un appartement ?

J’imaginais les villes du Golfe comme des villes futuristes et froides, plantées au milieu d’un désert parsemé de puits de pétrole. Je vous raconte tout ça pour que vous compreniez qu’Abu Dhabi, au départ ce n’était pas vraiment mon trip, comme disent les jeunes. J’ai fini par me convaincre que cela en valait la peine et je ne le regrette pas. Enfin, pas trop souvent !

Heureusement, il ne faut pas aller trop loin pour trouver du vert.  À l’occasion de la visite de ma sœur, nous avons décidé de voyager un peu. Voici deux bons plans si, comme moi, vous êtes en manque de nature.

Première nuit de camping : Green Mubazzarah, Al Ain

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Cette charmante créature est ma sœur. Elle est célibataire et aime danser la salsa (avis à bon entendeur…).

À visiter :

Al Ain ! J’y suis allée six fois et je ne m’en lasse pas. Si c’était possible, c’est là que j’aimerais vivre aux Émirats… Pour faire court, il y en a pour tous les goûts : il y a un zoo (si vous aimez les zoos), des musées un peu poussiéreux dont un avec une belle expo des photos de Sir Wilfred Thesiger, une montagne plantée au milieu de rien (Jebel Hafeet), des dunes de sable orange, un marché aux chameaux (si vous aimez les chameaux), un poste frontière avec Oman pour ceux qui auraient besoin de renouveler leur visa et bien d’autres endroits que je ne connais pas encore, comme le parc aquatique.

Voici l’endroit que je préfère par dessus tout : l’oasis. Nous ne manquons jamais de nous y arrêter pour une petite balade. C’est calme, c’est vert, on peut y pique-niquer, les oiseaux chantent, avec un peu d’imagination on se croirait presque en forêt.

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Nous avons planté notre tente dans le parc de Green Mubazzarah, au pied du Jebel Hafeet. Ce parc, comme son nom l’indique, est d’un vert irréel au milieu des pics rocheux et des champs de cailloux. En passant, nous avons vu qu’il comportait des chalets, quelques restaurants, des tables et des endroits pour faire des barbecues. Il y avait aussi des attractions pour enfants et des sources chaudes. Je vous avoue que je ne peux pas vous en dire plus, car nous sommes arrivés un peu tard pour en profiter. Nous tenions absolument à monter la tente avant le coucher du soleil et nous sommes donc directement allés à l’emplacement du camping.

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Là, nous nous sommes un peu interrogés. Il n’y avait personne, sauf un jardinier pakistanais occupé à arroser la pelouse. Nous avons admiré les rayons du soleil couchant dans la brume irisée du système d’arrosage automatique en nous demandant si le camping était ouvert. J’ai pris mon courage à deux mains pour aller demander au jardinier où nous pouvions planter notre tente mais ce dernier n’avait pas l’air fort d’accord. J’ai essayé les trois mots d’arabe que je connais mais il m’a répondu qu’il ne parlait qu’ourdou (je crois). Bref, nous avons monté la tente dans un endroit où il n’y avait pas de flaques en espérant que l’on ne vienne pas nous en déloge, tandis qu’il nous regardait d’un air peu amène. Finalement, un garde de sécurité qui parlait anglais est venu nous confirmer que nous pouvions camper là, et le jardinier a fini par se dérider en voyant le petit jouer avec le système d’arrosage.

En nous couchant, nous avons réalisé que Green Mubazzarah est très populaire auprès de la population locale. L’endroit est assez bruyant jusqu’à tard dans la nuit car il y a un passage constant de (grosses) voitures… Pas l’idéal pour endormir un gamin de deux ans surexcité par sa première nuit sous tente ! Malgré tout, c’est gratuit, c’est un bel endroit, et il y a des toilettes à proximité. Bizarrement, les toilettes ne sont pas ouvertes le matin, veillez donc à prendre un pot de chambre vos précautions si vous comptez y camper !

Deuxième nuit : Wadi Damm, Oman

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La vue au réveil.

Le lendemain, nous avons traversé la frontière avec Oman pour aller jusqu’au Wadi Damm, entre Ibri et Nizwa. Nous voulions faire au moins une randonnée pendant notre voyage, et la description de ce wadi dans le livre « Oman Off-Road » nous avait donné vraiment envie d’y aller ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas été déçus…

La randonnée n’était pas aussi simple que nous le pensions, et nous nous sommes perdus plusieurs fois avant de trouver les piscines naturelles. Il faut prévoir de bonnes chaussures car il faut parfois escalader de gros cailloux. J’étais ravie de pouvoir porter mon fils avec mon porte-bébé Manduca, il n’aurait pas pu nous suivre autrement !

Mais quel paysage !

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Désolée, mesdames, le cœur de cet Adonis n’est plus à prendre !

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Ensuite, nous avons planté la tente à l’entrée du wadi et nous nous sommes vite endormis en regardant les étoiles. Magique.

C’était notre première nuit de camping sauvage, et j’espère que c’est le début d’une longue série. Et vous, vous aimez camper ? Quels sont vos endroits préférés ?