« Saving the planet, huh, ma’aam ? »

… m’a dit le caissier avec un grand sourire moqueur, quand j’ai sorti mon sac pour emballer mes courses à l’épicerie.

C’est vrai que cela peut paraître dérisoire de vouloir réduire notre production de déchets alors que la majorité des habitants du pays ne s’en soucie pas du tout. Même si les déchets sont triés quand ils arrivent à l’usine, nous en produisons toujours beaucoup trop à mon goût. Voici pourquoi je compte persévérer :

  • D’abord, je l’avoue, pour une raison purement égoïste ! Je me sens impuissante face au gaspillage engendré par notre société de consommation. En essayant de sortir de ce modèle, j’ai l’impression de faire de la résistance. Je suis consciente que ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais cela me fait du bien tout de même.
  • Ensuite, parce que je crois profondément que nos choix ont un effet domino : un changement de notre mode de vie amène souvent d’autres changements. Par exemple, on décide de manger bio, puis on essaie de diminuer la viande, puis on commence à faire ses propres produits de beauté, etc… Et l’effet domino s’étend à notre entourage : j’ai apporté beaucoup de changements à mon mode de vie parce que j’ai été inspirée par d’autres personnes.

Maintenant, parlons plus concrètement de ce que nous avons déjà mis en place dans notre famille pour diminuer notre production de déchets. Je n’ai pas de recette miracle à proposer… Ce sont de petits gestes qui s’inscrivent dans un changement de mode de vie plus global. Le bonus, c’est que vous allez voir que « réduction des déchets » va souvent de pair avec « réduction des dépenses ».

1. On a installé un filtre à eau sur le robinet de la cuisine.

Les premiers mois, nous vivions en hôtel appartement et nous ramenions des bouteilles d’eau de l’épicerie. Nous avions peur de l’eau du robinet. En rendant visite à une amie qui vit ici depuis plusieurs années, j’ai remarqué qu’elle avait un filtre sur son robinet. Elle m’a dit que les composés des bouteilles en plastique pouvaient migrer dans l’eau si elles étaient stockées au soleil ou soumises à des températures élevées. Elle préférait donc boire de l’eau filtrée.

D’après la presse locale, l’eau du robinet est potable pour autant que les réservoirs d’eau des immeubles individuels soient dans un état correct. Comme on ne peut pas savoir si c’est le cas, je préfère la filtrer. Jusqu’ici, ce système nous convient, personne n’a été malade et les poubelles ont bien diminué !

Ci-dessous, notre filtre (disponible chez Carrefour) et une cartouche avant et après usage.

 

2. On achète nos fruits et légumes en vrac.

Chez nous, on mange bio et principalement végétalien. Autant dire que les fruits et légumes représentent l’essentiel de nos courses hebdomadaires. On trouve de plus en plus de fruits et légumes bio dans les supermarchés locaux, mais ils sont vraiment sur-emballés par rapport à leurs congénères « conventionnels ».

Par exemple, voici tous les emballages après avoir rempli notre frigo chez Lulu :

Heureusement, des alternatives se mettent en place.

Pendant tout un temps, nous nous fournissions chez Ripe Middle East. On peut commander en ligne et ils livrent à plusieurs points d’enlèvement à Abu Dhabi, dans des caisses en carton que l’on peut rapporter après usage. Il y a aussi les « Ripe Market » le samedi matin à Saadiyat et le samedi après-midi à Mushrif Park. J’ai toujours été satisfaite de la fraîcheur et du goût. Nous avons interrompu nos commandes car mon homme a changé de lieu de travail et se trouve désormais trop loin du point d’enlèvement.

Ci-dessous, les fruits et légumes de chez Ripe.

Depuis, nous allons au « Mawasim Organic Market », vendredi à partir de 14 heures à WTC mall ou samedi à partir de 11 heures à Boutik mall (Reem Island). Ils ont moins de choix mais sont beaucoup moins chers que Ripe. Ils vendent principalement des produits locaux servis dans des sacs en papier que l’on peut réutiliser.

*****Messieurs, fermez les yeux et passez au paragraphe suivant, merci.*****

3. J’utilise une coupe menstruelle (je vous avais prévenu hein !)

C’est vrai qu’il faut un certain temps d’adaptation pour trouver la bonne technique , et qu’il faut être à l’aise avec son corps. Mais pour rien au monde je ne reviendrais aux serviettes et tampons, la coupe est tellement plus confortable et pratique ! J’ai calculé que la coupe m’a fait économiser 300 euros depuis 2007… et point de vue production de déchets, il n’y a pas photo.

Pour en savoir plus sur la coupe, voici une émission de 30 minutes très complète de la télévision suisse. J’ai vu des coupes au magasin Organic Foods and Café à Nation Towers.

4. On privilégie « le lavable »

De ses 2 mois à ses 2 ans, notre fils a porté des couches lavables. Je ne vais pas vous refaire toute la liste des avantages et inconvénients des couches lavables, car d’autres l’ont très bien fait avant moi.

Je vais être tout à fait honnête, s’il a été quasi exclusivement en lavables quand on vivait en Belgique, ma motivation s’est un peu émoussée depuis notre déménagement. En général, c’était couches lavables à la maison et jetables en sortie. Maintenant qu’il a enfin compris à quoi servait le pot (il a été convaincu pendant longtemps que c’était un chapeau), j’espère pouvoir être bientôt débarrassée des couches tout court. Là aussi, on a diminué nos déchets et surtout fait beaucoup d’économies !

Je vous conseille le magasin en ligne Eggs and Soldiers. Ils livrent à Abu Dhabi et Sofi, la charmante propriétaire,  est une mine d’or de conseils.

De même, nous n’utilisons les lingettes pour bébé qu’à l’extérieur de la maison. Sinon, c’est gant de toilette, eau et savon d’Alep. On pourrait penser que c’est moins hygiénique, mais c’était la méthode recommandée à la maternité, et puis la plupart des lingettes ne sont pas terribles pour la santé. D’ailleurs, la seule irritation vraiment sérieuse à laquelle nous ayons dû faire face a eu lieu pendant une période d’utilisation prolongée de lingettes…

Nous avons aussi des serviettes de table en tissu, on a beaucoup de torchons que j’utilise aussi pour nettoyer les surfaces et les fenêtres, et je cherche désespérément des mouchoirs en tissu.

5. On achète le moins transformé possible

Pour le ménage, on fait presque tout avec du vinaigre blanc, du savon liquide, du bicarbonate de soude et des huiles essentielles. Je cherche encore une recette testée et approuvée de produit pour lave-vaisselle, si vous avez ça dans vos tiroirs.

Dans la salle de bain, j’en avais déjà parlé ici, c’est savon, bicarbonate de soude, shampoing solide et huile végétale, en tout cas pour le petit et pour moi. Oserais-je l’écrire ? L’homme a plus de produits cosmétiques que moi… Je crois qu’il est un peu coquet !

Dans la cuisine, nous avons principalement des produits de base, peu transformés et donc peu emballés : fruits, légumes, fruits secs, noix, riz, pâtes et céréales, pain, légumineuses.

C’est clair que nous pouvons nous permettre de vivre comme ça parce que j’ai le temps de cuisiner, de fabriquer mes produits ménagers et de réfléchir à tout ça ! Cela dit, je pense que je pourrais aller plus loin, et cela fera l’objet d’un prochain article. Après, j’arrête et je retourne à des sujets plus glamour, promis (qui aurait cru qu’il y aurait tant de choses à dire sur les déchets à Abu Dhabi ? Quel sujet passionnant vraiment !).

Avez-vous des idées pour m’aider à réduire mes déchets ?

 

Parlons ordures

Quand je vivais en Belgique, je savais exactement quelle quantité de déchets notre famille produisait. La poubelle était munie d’une puce électronique et pesée lors de chaque collecte de déchets. Je sais ainsi qu’en 2013, notre famille a produit 104 kilos de déchets non-recyclables (dont une grande partie était de la litière pour chats), ce qui nous place en dessous de la moyenne wallonne de 174 kilos (moyenne de 2012).

Comme toutes les familles belges, nous avions une poubelle pour le papier, une pour les métaux et plastiques recyclables, deux pour le verre (verre coloré et verre transparent). Nous rapportions nos bouteilles de bière au grand magasin et nous allions de temps en temps au parc à conteneurs pour nous débarrasser des déchets qui n’étaient pas collectés. Comme nous avions un jardin, nous avions aussi un compost. Qu’on soit écolo ou pas, en Belgique le tri est la norme depuis longtemps.

Et ici, aux Émirats ?

La production de déchets par habitants est en moyenne de 730 kilos par an. Il est possible de trier dans certains endroits publics.

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Mais à la maison, on ne trie RIEN. J’ai donc une seule poubelle, dans laquelle je jette tout. Je sors la poubelle tous les deux ou trois jours, tellement j’ai de déchets. Et je ne peux pas m’empêcher d’avoir un pincement au cœur à chaque fois que j’envoie le sac dans le vide-ordure, surtout quand il y a du verre dedans.

J’ai donc voulu en savoir plus sur la gestion des déchets à Abu Dhabi. Frank Ciampa, spécialiste du développement durable aux Émirats, a accepté de répondre à mes questions.

Comme vous allez le voir, la réalité est plus nuancée que ce que j’imaginais.

***

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les déchets à Abu Dhabi

Frank, peux-tu expliquer brièvement ce que devient mon sac poubelle une fois qu’il a disparu dans le vide-ordure ?

Il est collecté par un prestataire de services environnementaux (désignation officielle d’une entreprise spécialisée dans le traitement des déchets et approuvée par le gouvernement). Ensuite, il va dans un centre de tri où les déchets sont séparés des matières recyclables ayant de la valeur, comme par exemple le papier, le plastique, etc. Les déchets sont envoyés dans une décharge, ou sont incinérés dans un site de valorisation énergétique pour produire de l’électricité. Les matières recyclables sont regroupées et vendues en vrac. En fonction du type de matière, elles peuvent être traitées ici aux Émirats (comme les granulés de plastique, par exemple), ou elles peuvent être exportées en tant que matières non-traitées.

Pourquoi est-il possible de trier les déchets dans certains endroits publics, comme les centres commerciaux, et pas à la maison ?

C’est principalement pour que les gens aient bonne conscience et, en fait, assez inefficace. Si tu regardes dans la poubelle pour les papiers, tu y verras probablement un mélange de déchets qui n’est pas trié du tout. Comme je l’ai dit, les déchets sont triés quoi qu’il arrive. En fait, le centre commercial est tenu de déclarer les volumes de déchets produits, et paie une redevance en fonction du volume. Cette redevance est plus élevée pour les déchets non-recyclables, et diminue en fonction du pourcentage de matières recyclables. C’est pour cette raison que le centre commercial est poussé à trier les déchets avant qu’ils ne soient collectés, pour payer moins. Par exemple, une production de 100 % de déchets non-recyclables coûte plus cher que 80 % de déchets non-recyclables et 20 % de déchets recyclables.

Je croise parfois des hommes à vélo chargés de cartons. Où l’apportent-ils ? Est-ce que je peux me faire de l’argent de poche si je fais la même chose ?

Le carton et le papier sont des matières recyclables qui ont de la valeur, donc les gens les collectent. Les gars à vélo vendent leurs paquets à des gars en camion, qui apportent leur cargaison à Musaffah (je ne sais pas où exactement). Il s’agit en fait d’un réseau logistique assez sophistiqué. Même si le carton a de la valeur, cette dernière est incroyable basse. Si on est un travailleur non-qualifié/non-éduqué, l’effort peut en valoir la peine, mais je te déconseille de faire un voyage à Musaffah avec ta voiture chargée de cartons ; tu dépenserais probablement plus en carburant que ce que tu recevrais en échange des cartons.

Le gouvernement va-t-il prendre des mesures pour inciter les gens à réduire leur production de déchets ? Peut-on s’attendre à des changements à court terme ?

Comme je l’ai expliqué avec l’exemple du centre commercial, le gouvernement a mis en place un programme qui s’applique à toutes les établissements commerciaux. Toutes les entreprises d’Abu Dhabi doivent le respecter. Il n’existe pas de mesures incitatives en ce qui concerne la réduction des déchets ménagers pour l’instant, ni dans un futur proche. Le marché est trop immature et fragmenté pour qu’un mécanisme soit mis en place dans les années à venir. Peut-être à long terme, mais rien à l’horizon, pour autant que je sache.

Il y a quelques mois, j’ai participé à une opération de nettoyage de l’endroit où je vis. L’endroit est de nouveau sale et jonché de détritus, comme si nous n’avions rien fait. Il y a-t-il une instance à laquelle nous pourrions faire appel pour régler le problème ?

Nous partageons la même frustration, et il n’y a pas grand-chose à faire. Tu peux essayer de te plaindre à Tadweer mais je ne sais pas si cela serait suivi d’effets. Ils réagiraient peut-être si tu voyais un camion décharger une grande quantité de déchets, mais je pense que la majorité des ordures que l’on trouve ici (Reem Island) sont jetées par des personnes négligentes. En général, les Émirats Arabes Unis sont très pollués. La seule raison pour laquelle nous ne sommes pas dans les détritus jusqu’aux oreilles, c’est parce que beaucoup de parties de la ville ont des travailleurs qui les ramassent toute la journée. Les personnes non-occidentales considèrent qu’il s’agit d’une solution valide, et ne voient pas pourquoi elles devraient faire des efforts pour trouver une poubelle. Elles se disent « Quelqu’un va ramasser pour moi. » ou « J’aide les éboueurs en leur donnant quelque-chose à faire pour qu’ils aient du travail. ». C’est une attitude absurde, mais bien présente ici. Les personnes qui se soucient de l’environnement et le respectent au quotidien ne représentent qu’une petite minorité de la population du pays.

***

Bon. Je fais donc partie d’une toute petite minorité. Et vous aussi, si vous me lisez depuis les Émirats !

De plus en plus de personnes se mettent au « zéro déchets » de par le monde, avec des résultats bluffants. Voyez par exemple Béa Johnson aux États-Unis, ou Mélanie à Paris. Ce sont des expériences qui m’inspirent beaucoup, et je me demande dans quelle mesure ce mode de vie est applicable aux Émirats.

Même si le « zéro déchets »me semble inaccessible ici, je pense que je pourrais produire moins de déchets que je ne le fais actuellement, et j’ai décidé de tenter l’expérience !

Dans le prochain article, je vous parlerai de ce que j’ai déjà mis en place, et de ce que je vais essayer de faire cette année. Et vous, si vous veniez partager vos idées dans la section commentaires, ou sur la page Facebook du blog ?

À bientôt !

 

Le français, c’est chic…

Il y a bien longtemps, dans une contrée fort lointaine, je regardais une publicité pour du parfum sur une chaîne de télévision allemande. Comme on pouvait s’y attendre, la dame de la publicité avait une voix chaude et sexy à souhait. Et un accent français.

Nous autres francophones, nous avons la chance de parler une langue associée à l’élégance et au raffinement. Il n’est donc pas étonnant que des entreprises du monde entier utilisent la langue de Molière pour donner à leur produit une aura de luxe.

Mais avant de sortir un produit sur un marché, il faut TOUJOURS vérifier avec un traducteur professionnel que le mot français convient bien, sinon on se retrouve avec des résultats étranges. Comment ça, je prêche pour mon église ?

Voyez plutôt sur quoi je suis tombée depuis mon arrivée à Abu Dhabi…

Le gel douche de luxe

Dialogue imaginaire :

Directeur : – (…) et comme nom pour notre gel douche, j’avais pensé à un mot qui évoque la jeunesse et la féminité, mais français pour faire chic. Des idées ?

Secrétaire : – Chef ! J’ai fait du français à l’école ! Je crois que j’ai encore un vieux dictionnaire quelque part. Attendez, le voilà ! Alors… « jeune fille » ?

Directeur : – Trop long. Autre chose ?

Secrétaire : – « Mademoiselle » ?

Directeur : Toujours trop long.

Secrétaire : – « Nana » ?

Directeur : – Déjà pris.

Secrétaire : – Voilà, j’ai trouvé le nom parfait :

Vu au Géant Yas Mall

Vu au Géant Yas Mall

Une chopine de tomates

Votre chope est-elle à moitié pleine ou à moitié vide ? Ou déjà sèche ? Comme dit le proverbe, « Une chope un jour, santé toujours… »

chopine

La blouse haute couture

Alors les cocos, on va faire original, on va trouver un autre slogan que « Paris je t’aime » pour notre nouvelle blouse. Regardons sur Google Maps pour trouver une autre ville française. Oh et si on changeait une lettre au nom de la ville, pour faire rebelle ?

Vu chez Waikiki

Nouvelle cuisine

Miam, ça donne envie !

Vu chez Lulu

Vu chez Lulu

Un sac pour séduire

Même Google Translate fait mieux, et c’est gratuit. Alors je m’interroge.

vous est beau

Plaît-il ?

Je ne comprends pas. Vraiment pas. Quelqu’un peut m’expliquer ?

Toujours chez Daiso

Toujours chez Daiso

Et vous, avez-vous d’autres perles du genre dans vos archives ? Venez les partager sur la page Facebook du blog !

Je suis une migrante

Pas une réfugiée.

Je n’ai pas fui la guerre, ni les persécutions, ni la misère.

Je n’ai pas dû voyager des heures sur un canot pneumatique surpeuplé, sans savoir si le passeur n’allait pas nous jeter par-dessus bord avant l’arrivée.

Nous avons quitté notre pays pour offrir de meilleures perspectives d’avenir à notre famille. Je suis donc une migrante économique. La pire sorte de tous les migrants, si j’en crois une certaine presse, et les gens qui prennent la peine de commenter les articles en ligne.

Mon pays d’accueil a sûrement fait erreur en acceptant ma famille.

Déjà, j’ai été élevée dans une culture et une religion complètement différentes. Qui sait si je ne vais pas essayer d’imposer mes coutumes aux gens de souche ? D’ailleurs, certains magasins vendent des produits que j’avais l’habitude de manger chez moi, alors que la consommation de ces produits va clairement à l’encontre des valeurs de ce pays. C’est bien la preuve que je suis le cheval de Troie d’une marée d’envahisseurs qui va exiger que les locaux changent leur façon de vivre !

Ma famille n’est pas pratiquante, mais ma belle-mère a la possibilité d’aller dans un lieu de culte quand elle vient nous rendre visite. D’ailleurs, on vient d’en ouvrir un nouveau, c’est le début de la fin, croyez-moi ! D’ailleurs, je suis sans doute terroriste.

En outre, je ne fais aucun effort pour m’intégrer. Je ne parle que quelques mots de la langue du pays. Je fréquente majoritairement d’autres migrants. Je m’habille comme si j’étais encore chez moi, imaginez un peu !

Ce pays est trop accueillant, vraiment.

Par exemple, quand j’ai été faire faire ma photo et mes empreintes digitales à l’immigration, il y avait des boissons fraîches et des dattes dans la salle d’attente.

À chaque fois qu’on a passé les frontières, mon fils a eu droit à des sourires de la part des locaux préposés aux contrôles des passeports. Une fois, il a même reçu un paquet de biscuits.

Quand il a dû être hospitalisé un mois après notre arrivée, alors que nous étions encore « sans papiers » et surtout « sans assurance »,  des gens que nous ne connaissions même pas ont fait en sorte qu’il soit soigné gratuitement, et qu’on nous rembourse la somme payée à l’admission. Quelques milliers d’euros.

Qui aurait cru que nous, des migrants, rencontrerions tant de tolérance et de générosité en terre d’Islam ?

Bien sûr, nous faisons partie de l’immigration « choisie », chère à ceux qui voudraient fermer les frontières à toute la misère du monde.

Bien sûr, tout n’est pas parfait ici, et tous les immigrés des Émirats n’ont pas notre chance. Notre situation reste précaire et nous risquons d’être renvoyés chez nous au moindre faux pas ou en cas de perte d’emploi.

Alors ? Je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte tout ça.

Peut-être parce que j’étouffe mon fils de câlins et de larmes, depuis que j’ai vu la photo de son jumeau endormi sur une plage turque. Même âge, même couleur de cheveux, mêmes vêtements, et presque le même sourire, quand il était encore vivant.

Mais pas le même passeport.

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Allaiter en public à Dubaï, l’expérience d’une maman

Laura, la trentaine, est la maman d’un Trottineur de deux ans et d’un bébé né en avril 2015. Dans son blog Life with Baby Kicks, elle raconte son quotidien d’expatriée à Dubaï. 

À l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement, je vous propose une traduction de son article « Public Breastfeeding in Dubai ».

« Macierzynstwo 1905 » by Stanisław Wyspiański – http://www.pinakoteka.zascianek.pl. Licensed under Public Domain via Wikimedia Commons – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Macierzynstwo_1905.jpg#/media/File:Macierzynstwo_1905.jpg

Allaiter en public à Dubai, une expérience positive

Après mon article d’hier sur mes débuts dans l’aventure de l’allaitement, je souhaite m’attaquer aujourd’hui au mythe qui voudrait que l’allaitement en public soit mal vu à Dubaï. Non seulement l’allaitement en public y est accepté, mais l’allaitement en général est mis en valeur.

Dubaï, contrée musulmane, exige que l’on s’habille de façon appropriée et respectueuse. C’est à dire qu’il faut couvrir les épaules et les genoux. Cela étant, beaucoup de personnes pensent, à tort, qu’allaiter en public à Dubaï serait totalement inapproprié. Elles ne pourraient pas être plus loin de la vérité.

En réalité, le Coran dit que les enfants devraient être nourris au sein jusqu’à l’âge de deux ans (un texte religieux qui rejoint les recommandations de l’OMS !), ce qui rend les pays musulmans très pro-allaitement.

Et les mères qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets.

Sourate Al Baqara, verset 233

C’est grâce à ce verset que mon aventure de l’allaitement à Dubaï a été incroyable, tout simplement. Les gens me regardent dans les yeux et me sourient pendant que j’allaite. Les gens mettent tout en œuvre pour me donner une place assise. Dans l’aire de jeu, si le bébé a besoin d’être allaité, le personnel garde un œil sur le Trottineur (et le fait généralement courir partout et l’épuise, situation gagnant-gagnant).

Bien que, cela dit, je préfère allaiter dans un café, surtout pour que je puisse me faire plaisir avec un café et un gâteau, le fait d’être avec le Trottineur signifie que j’allaite en général dans une aire de jeu. Je ne sais pas quel crime j’ai commis dans une vie antérieure pour que les aires de jeu jouent un rôle si important dans celle-ci,mais je m’écarte de mon sujet.

J’ai choisi d’utiliser un châle d’allaitement, parce que je suis la personne la moins gracieuse qui soit, et que je ferais probablement gicler du lait dans vos yeux si je n’en avais pas. Mais le châle d’allaitement n’est pas une obligation. Je connais beaucoup de dames qui ne sont pas affligées de ce gène disgracieux et qui allaitent sans châle avec discrétion. Il y a aussi celles auxquelles je voudrais ressembler, qui allaitent dans leur porte-bébé en vaquant à leurs tâches quotidiennes. J’aimerais que quelqu’un m’apprenne comment faire, comme cela fait presque trois ans que j’essaie sans succès. Merci de laisser vos conseils dans les commentaires, j’utilise un Ergo si ça change quelque chose.

Ici, l’allaitement est normal. L’allaitement est encouragé. L’allaitement est tout simplement un fait de la vie courante. Il n’y a ni commentaires négatifs, ni regards en coin, j’adore. Et je suis triste que des personnes doivent subir ceux-ci dans d’autres parties du monde.

Je suis tout aussi triste de penser que des personnes évitent de venir à Dubaï parce qu’elles ont des craintes non-fondées sur l’allaitement. Rassurez-vous ! Vous ne ferez face à aucune attitude négative. Allaiter en public vous met mal à l’aise ? Eh bien. Nous avons certaines des meilleures et plus confortables salles d’allaitement qui existent. N’allez pas imaginer une chaise en plastique dans les toilettes, ici. Pas à Dubaï.

Dubaï, paradis de l’allaitement.

Article original : http://www.lifewithbabykicks.com/2015/08/world-breastfeeding-week-public-breastfeeding-in-dubai.html

Traduction : Anne-Sophie Ronvaux

Mise au vert en Transylvanie

Dire qu’à l’origine, on avait prévu de passer nos vacances ici, à Abu Dhabi.

Je ne le dis pas souvent, mais

LOL.

Vous pourriez penser qu’après avoir débarqué ici en juin et avoir survécu à juillet et août 2014, on aurait compris la leçon ? Il faut croire que l’été émirien, c’est un peu comme les douleurs de l’enfantement, on oublie ce que c’est vraiment… On pense qu’on sait ce qui nous attend et qu’on va pouvoir y faire face avec dignité et sérénité, et puis on se retrouve à supplier qu’on nous donne la péridurale / un billet d’avion pour n’importe quel endroit où il fait VERT, où on peut manger en TERRASSE et se promener DEHORS. De préférence sans malls et peut-être même avec un petit peu de pluie, on n’est pas difficile, hein, tant qu’il n’y a pas de sable. SURTOUT PAS DE SABLE !

Bref, on se retrouve au milieu du mois de mai avec l’envie de partir quelque part en juillet, et on se décide pour la Roumanie, et plus spécifiquement la Transylvanie. Pourquoi la Roumanie ?

Tout d’abord, parce que ce n’est pas trop loin : 4 heures 30 de vol. Si on avait plus ou moins oublié à quel point l’été ici pouvait être insupportable, le traumatisme de notre dernier terrifiant voyage en avion avec un rejeton de l’enfer notre fils ne s’est pas encore effacé.

Ensuite, soyons honnête, parce que c’est une destination bon marché. Nous avons dormi dans des hôtels propres et confortables en payant au maximum 200 AED la nuit à Bucarest et bien moins en Transylvanie. Nous nous attendions à ce que les restaurants ne coûtent pas cher, mais pas à ce que la nourriture soit aussi délicieuse, variée et copieuse. Végétarienne, je m’étais plus ou moins préparée à ne manger que du chou bouilli et des pommes de terre pendant notre séjour, et en fait j’ai grossi fait honneur à la gastronomie locale.

Et puis, imaginez des forêts brumeuses où rôdent encore les ours et les loups, des châteaux de contes de fées perchés sur les montagnes, et surtout des habitants chaleureux qui gardent vivantes des traditions disparues depuis longtemps ailleurs.

Des traditions comme faire les foins à la main, par exemple !

Comme faire les foins à la main, par exemple !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la Roumanie est un pays qui gagne à être connu.

Résumé de douze jours enchantés

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Jour 1 et 2

Arrivée et visite de Bucarest. Si on devait résumer notre impression de Bucarest en une seule phrase, c’est « moins moche » que ce à quoi nous nous attendions. Nous avons été étonnés par l’aspect hétéroclite de l’architecture : immeubles rococos restaurés côtoyant des barres communistes en voie d’émiettement, tours modernes en verre surplombant de petites églises orthodoxes.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Vous voyez ce que je veux dire ?

Sinon, nous avons été ravis par les nombreux parcs, les terrasses et par le simple fait de pouvoir nous promener à l’extérieur sans suffoquer. Notre hôtel (Mercure City Center) se trouvait dans le centre, près de nombreux musées et entouré de petits restos plus alléchants les uns que les autres.

Nous avons dégusté notre premier repas roumain au restaurant Caru Cu Bere, dans le centre historique. Un peu touristique, ce qui se comprend quand on admire le magnifique décor à l’intérieur. Malgré le monde, le service était sympa et surtout, Niall a particulièrement apprécié le spectacle de danse folklorique !

Et après, il a réclamé des danses folkloriques à chaque fois qu'on a allumé la télévision.

Et après, il a réclamé des danses folkloriques à chaque fois qu’on a allumé la télévision.

Jours 3, 4 et 5

On aurait pu encore rester quelques jours à Bucarest pour faire le tour des musées, des parcs et des terrasses mais ce qu’on voulait nous, c’était du vert, des fleurs, des poules, des loups, bref, combler notre manque de nature ! Nous avons récupéré notre voiture de location pour nous lancer sur les routes roumaines, ce qui est une aventure en soi, mais j’y reviendrai plus tard.

Direction Zărnești en Transylvanie. Au menu, découverte de la charmante ville saxonne de Braşov, visite du château de Bran, randonnée dans les montagnes du Parc National de Craiului (vive le Manduca !) et dégustation d’excellents plats roumains dans le restaurant de notre pension.

Ah, et on a entendu des loups deux nuits d’affilée…

Brasov, comme un petit coin d'Allemagne en Transylvanie.

Brasov, comme un petit coin d’Allemagne en Transylvanie.

Vue d'en-haut. On a pris le téléphérique mais la randonnée doit être sympa aussi !

Vue d’en-haut. On a pris le téléphérique mais la randonnée doit être sympa aussi !

Château de Bran.

Château de Bran.

Parc du château.

Parc du château.

Elle est où, Blanche-Neige ?

Elle est où, Blanche-Neige ?

Parc National de Craiului. Vous entendez les cloches des vaches et des moutons ?

Parc National de Craiului. Au loin, vous pouvez entendre sonner les cloches des vaches et des moutons.

Respirer l'air de la montagne à pleins poumons...

Respirer l’air de la montagne à pleins poumons…

Jour 6

Malgré notre envie de renouer avec la nature, nous craignions que la campagne roumaine ne soit trop « rustique » après Abu Dhabi, et nous avions donc prévu de petites étapes dans des villes touristiques, au cas où la civilisation nous manquerait. L’étape du jour : Sighisoara, jolie comme un village de poupées.

Centre de Sighisoara

Place principale.

Se perdre dans les ruelles moyenâgeuses...

Se perdre dans les ruelles moyenâgeuses…

Jours 7, 8 et 9

Trois jours dans les monts Apuseni, une région magnifique et authentique, mais plus reculée. Si nous avions su que nous mettrions autant de temps à arriver à notre destination, nous aurions sans doute prévu d’y passer plus de temps. Nous avons fait une charmante randonnée jusqu’à la cascade Varciorog, visité la « Grotte de Glace » de Scarisoara et fait du 4×4 sur les pistes forestières. Nous avons passé les trois nuits dans la Pension Vraja Montelui, que nous recommandons pour son sympathique propriétaire, son excellent restaurant et les meilleurs petit-déjeuners que nous ayons mangé pendant notre séjour en Roumanie.

Une cascade au fond des bois.

Une cascade au fond des bois.

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Descente vertigineuse vers la grotte de glace !

Il y a vraiment des gens qui habitent ici.

Il y a vraiment des gens qui habitent ici.

Juste pour voir ce paysage, ça valait la peine de conduire des heures sur des routes cabossées.

Juste pour voir ce paysage, ça valait la peine de conduire des heures sur des routes cabossées.

Jour 10

Nouvelle étape citadine à Sibiu. Jolie ville, un peu trop touristique à notre goût ! On a réalisé qu’on préférait de loin rester dans les montagnes. Mais c’était un excellent point de départ pour faire la route Transfagarasan le lendemain.

Sibiu a été capitale européenne de la culture en 2007.

Sibiu a été capitale européenne de la culture en 2007.

C'est joli. C'est propre. On voit plein de cars de retraités allemands.

C’est joli. C’est propre. Il y a plein de cars de retraités allemands.

Jour 11

Nous avons passé la journée à conduire. Juste pour le plaisir de conduire. Nous sommes allés de Sibiu à Sinaia, mais pas par le chemin le plus court, oh non ! Mon homme tenait absolument à passer par la route Transfagarasan qui a été désignée « meilleure route du monde » par le magazine Top Gear. En gros, c’est une route qui traverse cette chaîne de montagnes :

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Où c’est tellement joli que tu veux t’arrêter tous les 100 mètres pour prendre des photos :

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À condition de ne pas avoir le vertige, bien sûr :

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On s’est arrêté dans l’hôtel Valea cu Pesti pour manger. Le restaurant était complètement vide, ce qui me laisse perplexe. La nourriture était très bonne et le service rapide, du coup !

Parce que la vue de la terrasse est vraiment moche, peut-être ?

La vue de la terrasse est tellement moche, on comprend qu’il n’y ait personne !

Après le lac Vidraru, la route à commencé à sembler vraiment longue. Car ce n’est pas une expérience agréable que de conduire sur les petites routes roumaines (mais j’y reviendrai). Comme j’avais laissé l’Homme organiser cette partie du voyage, je ne m’attendais pas à repasser par le Parc de Craiului en revenant. Une bonne surprise.

La montagne, c'est beau tout le temps, même sous l'orage.

La montagne, c’est beau tout le temps, même sous l’orage.

Nous avons passé la nuit à Sinaia. Une station de montagne visiblement très populaire, mais que nous n’avions plus le courage de visiter après avoir passé la journée à conduire. Nous avons rejoint les bras de Morphée directement après notre repas dans l’excellent restaurant de l’hôtel Smart.

Dernier jour

Impossible de quitter Sinaia sans passer par le château Peles, l’un des châteaux les plus connus de Roumanie. Malheureusement, nous sommes étions trop matinaux pour visiter l’intérieur (il faut dire que Niall nous avait plus ou moins encouragés à nous lever tôt). Malgré tout, la balade dans le parc qui entoure le château Peles et son voisin le château Pelisor valait tout à fait le déplacement. C’était un dernier moment féerique avant de rejoindre Bucarest et puis Abu Dhabi.

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Le château Peles

Le château Pelisor

Le château Pelisor

Notre coup de gueule : conduire en Roumanie

Alors, ce n’est pas le fait de doubler les charrettes à cheval.

Si.

Si.

Ce n’est pas l’état des routes. En fait, les routes sont étroites, mais nous n’avons rencontré que quelques sections où il fallait vraiment faire attention aux nids de poule. Et rien de bien effrayant pour qui a déjà eu le plaisir de conduire sur les routes de Wallonie.

Mais les camions qui dépassent à toute vitesse dans les petits villages ? Les chauffards qui dépassent dans les tournants sur les routes de montagne (et en Dacia, pour l’amour de Dieu) ? Les gens qui ne tiennent pas leur droite dans les tournants des routes étroites ?

Sérieusement ?

On a eu peur, mais vraiment peur, de rencontrer une fin précoce au détour d’une route roumaine. Au moins trois ou quatre fois.

Et parce que j’aime finir sur une note positive…

Notre coup de cœur : la pension Hora cu Brazi à Zarnesti

Ah, le bel, le bel endroit.

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Nous avions choisi cette pension car elle était située à l’orée du Parc National de Craiului et tout près de plusieurs endroits que nous tenions à visiter en Transylvanie, comme la ville de Brasov et le château de Bran. Les avis sur Booking étaient excellents et pourtant, ils ne lui rendent pas justice. Oui, c’est vrai que la vue depuis la chambre est magnifique :

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Mais il y a plus. C’est réellement un endroit qui a une âme. Je ne sais pas si cela tient à la gentillesse des gens qui y travaillent et qui prennent le temps de discuter avec leurs hôtes, si c’est la décoration kitsch mais charmante, les fleurs partout, ou si c’est parce qu’il y a un grand jardin avec des jeux et une mini-ferme pleine d’animaux pour le plus grand plaisir des enfants.

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Oh, et le restaurant. Un rêve pour les amateurs de gastronomie locale. Une des employées m’a dit que 80 % des produits servis provenaient de leur potager, verger et ferme. L’Homme a mangé des truites grillées au barbecue que le cuisinier venait de pêcher dans leur bassin à truites. Il a aussi bu du lait qu’on venait de traire de la vache. Je me suis régalée avec leurs nombreux plats végétariens, et j’ai d’ailleurs essayé d’en reproduire certains depuis notre retour.

Le bassin à truites

Le bassin à truites

Après trois nuits, nous avons eu un pincement au cœur au moment de partir. D’ailleurs, c’est bien simple, si nous revenons en Roumanie, ce que j’espère, on ira directement là-bas et on y restera toutes les vacances !

On sait qu’on a passé de bonnes vacances quand on est triste de partir. Et c’était le cas, vraiment.

Liste des phrases qu’on ne m’aurait jamais entendue dire…

… si je n’avais pas déménagé à Abu Dhabi !

Toutes véridiques, sauf une. La trouverez-vous ?

Hisilicon K3

En été :

« On va dans quel centre commercial ce weekend ? »

« Pfff, j’en ai marre des centres commerciaux d’Abu Dhabi. Et si on allait dans un centre commercial à Dubaï pour changer ? »

« Ne touche pas la vitre de la voiture, Bébé, tu vas te brûler. »

« À quoi bon aller au hammam alors qu’il suffit de s’asseoir dix minutes sur le balcon pour avoir le même effet ? »

« Aller à la plage au mois de juillet ! A-t-on idée ? C’est bien un truc de touriste, ça. »

Hisilicon K3

En hiver : 

« Qu’est-ce que ça fait du bien de pouvoir ouvrir les fenêtres ! »

« Il ne fait que vingt degrés dehors, tu crois qu’il faut mettre un pull au petit ? Hier, j’ai vu un gamin avec un bonnet et une écharpe. »

« Regarde Bébé, il y a de l’eau qui tombe du ciel. On appelle ça de la pluie. »

« On ne voit rien dehors. Brouillard ou tempête de sable ? »

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Sur la route :

« Laisse-le te dépasser, c’est un local. »

« Mais qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce gars pour acheter une Lamborghini vert pomme ? C’est laid ! »

« Franchement, les Ferrari, c’est d’un commun… Regarde chéri, regarde ! Une POLO ! »

« On a le droit de s’arrêter pour le gars qui fait du stop au bord de l’autoroute ou pas ? »

« Attention, il y a des Indiens qui traversent. » (L’autoroute. Dans le noir.)

« C’est Mawaqif ici ? Ah c’est vrai, on s’en fiche, on est vendredi. »

« Le plein, s’il vous plaît. Gardez la monnaie. »

« C’est quand même fou, toutes ces belles voitures dont le clignotant est en panne ! »

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Au quotidien :

« C’est gentil vous savez,  mais je suis capable d’emballer mes courses toute seule. Et de les porter aussi. »

« J’ai pas eu le temps de cuisiner ce soir. Tu veux que je commande indien, libanais, afghan, pakistanais, italien, vietnamien, japonais, iranien, chinois ou éthiopien ? »

« Zut, je n’ai plus de farine. Tu veux bien appeler l’épicerie ? »

« Bébé, arrête d’imiter le muezzin, tu vas finir par nous attirer des problèmes. »

« Je veux une abaya. C’est trop beau. »

« Je te jure que j’adore porter un burkini. C’est la liberté, vraiment ! »

La preuve !

La preuve !

Et vous, quelles sont les phrases que vous n’auriez jamais dites avant de vous expatrier… Ici ou ailleurs ?