Comment j’ai revu mes préjugés sur la cuisine crue

– Quoi, tu es encore sur l’ordinateur ?

– Mais chéri, je cherche une recette pour le repas du soir !

– Depuis deux heures ?

Chez vous aussi, ça sent le vécu ?

Si, comme moi, vous aimez perdre votre temps vous inspirer sur Pinterest , vous avez sans doute vu passer des images de recettes « crues ». Spaghettis de courgettes, brownies ou tartes sans cuisson et autres graines germées… Quelle idée !

Mais pourquoi pourrait-on bien vouloir manger cru ?

Je dois dire qu’au début, j’ai classé la cuisine crue dans la catégorie « lubie alimentaire venue d’outre-Atlantique », comme la mode des super-aliments, la cuisine paléo ou le café au beurre. Je me suis dit que cela devait être l’un de ces régimes inventé par des actrices voulant vendre du rêve et des livres de cuisine, et je n’y ai pas prêté plus d’attention que ça.

J’ai toujours aimé passer du temps en cuisine et j’adore goûter à de nouvelles choses. Je lis des recettes comme on lit des romans, et j’ai beaucoup trop de livres de cuisine (en tout cas au goût de mon cher mari). Malgré tout, je n’étais pas du tout attirée par ces recettes crues.

Pour résumer, je pensais que la cuisine crue, c’était :

Trop léger. Vous savez, réservé aux filles minces qui font du Pilates et qui se nourrissent de salade. Croyez-moi, j’aimerais bien être comme ça, mais je ne pense pas que je tiendrais bien longtemps.

Indigeste. J’ai l’estomac sensible. Par exemple, je ne peux pas boire du thé le matin, je dois attendre plusieurs heures après avoir mangé sinon il repasse directement dans l’autre sens. Alors des jus de légumes verts ? Des soupes crues ? De l’oignon cru ?

Compliqué. Les recettes sur lesquelles j’étais tombée semblaient exiger beaucoup de matériel que je n’avais pas (blender à haute vitesse, spiralizer, germoir à graines, déshydrateur, extracteur du jus, robot culinaire). Et ma cuisine est trop petite pour tout ça !

Et pourtant…

Depuis notre déménagement à Abu Dhabi, nous avons apporté des changements radicaux à notre alimentation. Avant de partir, j’étais déjà très attachée à la qualité de notre nourriture : nous mangions principalement bio, local et de saison. Notre épicerie préférée était plus petite que mon appartement, et j’y trouvais presque tout ce dont j’avais besoin pour la semaine. En arrivant, nous avons dû trouver nos repères. Des magasins immenses, des fruits et légumes bio suremballés, la viande, le fromage et les œufs bio importés de très loin et très chers. Nous avons mis de côté nos habitudes alimentaires pendant un certain temps.

Nous sommes arrivés en plein été et avons passé les deux premiers mois en hôtel-appartement, je n’avais donc pas grand-chose à faire (et en plus je ne connaissais personne). Niall faisait encore deux siestes par jour. Bref, j’avais tout le temps pour traîner sur le Web et regarder des documentaires sur Youtube. Voilà un passe-temps à ne pas adopter à la légère, en tout cas si vous ne cherchez pas à vous dégoûter à tout jamais de la nourriture industrielle.

Ce fut une période intense de découvertes et de réflexion, où j’ai ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Dans le domaine de l’alimentation, cette prise de conscience s’est traduite par la décision de ne plus acheter ni viande, ni poisson, et de diminuer notre consommation d’œufs et de produits laitiers. Aujourd’hui, nous mangeons à 95 % végétalien à la maison, ce que je n’aurais jamais imaginé possible il y a encore deux ans. Et pourtant, j’avais une amie végane qui publiait de super recettes, mais je ne voyais pas à l’époque pourquoi changer mes habitudes.

En continuant à regarder des documentaires (on va dire que c’est un peu devenu une addiction), je suis tombée sur ce témoignage de l’actrice Armelle et sur ce documentaire sur Irène Grosjean, une octogénaire qui donnerait presque l’envie de vieillir. Ces femmes qui rayonnent de santé et d’énergie positive attribuent leur forme à leur régime crudivore… Je n’adhère pas à tout ce qu’elles disent dans les documentaires, notamment le côté New Age qui me passe complètement au dessus de la tête. Mais, disons qu’en vivant 24 heures sur 24 avec un gamin de trois ans, j’aurais bien besoin d’une petite dose d’énergie supplémentaire, alors j’ai eu envie d’essayer !

J’ai commencé par des brownies crus, et outre le fait que ça soit délicieux et facile à préparer, ce que j’ai trouvé le plus surprenant, c’est que je pouvais me satisfaire d’une ou deux parts et me sentir rassasiée. Alors que si j’ouvre un paquet de brownies du commerce, eh bien je peux facilement finir le paquet dans la journée.

Ensuite, comme le hasard fait bien les choses, Maryline du blog « From Here to There » a organisé des ateliers sur la cuisine crue. Comme j’hésitais à investir dans du matériel de cuisine, j’étais ravie de pouvoir profiter des conseils d’une spécialiste, et de pouvoir voir (et surtout… goûter) si la cuisine crue, c’était pour moi ou pas.

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Pendant trois heures d’atelier, Maryline nous a parlé tout en cuisinant des bienfaits de l’alimentation crue et de ses ingrédients phares comme les graines germées, les jus, les super aliments, etc. Nous avons eu l’occasion d’essayer pas mal de recettes : jus vert, smoothie à l’ananas, tapenade d’olives Kalamata, ricotta de noix de macadamia, spaghettis de courgettes avec marinade de tomates, lasagnes crues, rouleaux de printemps, glace à la banane et au cacao.

J’ai vraiment eu l’impression de prendre part à un festin, tant les goûts et les textures étaient variés. Et malgré tout ce que j’avais mangé, je ne me sentais pas « lourde » l’après-midi. Mon fils, qui était présent, a goûté à tout et en a redemandé, y compris les graines germées. Il n’est pas difficile en général, mais j’ai trouvé cela de bon augure, car si j’introduis de nouvelles recettes dans notre quotidien, je veux qu’elles plaisent à toute la famille.

Mais voyez plutôt…

Ricotta de noix de macadamia 

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Spaghettis de courgette et leur sauce 

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Lasagne crue 

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Nous sommes repartis avec quelques gourmandises supplémentaires (l’Homme a adoré les spaghettis de courgettes) et un livret pratique d’explications et de recettes.

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Alors, adoptée, la cuisine crue ?

L’atelier a eu lieu il y a deux mois, et m’a réellement motivée à ajouter plus de cru à notre alimentation. Depuis, nous avons acheté un spiralizer et un robot culinaire, et je m’en sert souvent. Je fait des spaghettis de courgette, des pâtisseries crues, des soupes crues et j’ai refait la ricotta de noix de macadamia. Test ultime, je l’ai amenée au playgroup de Niall où elle a été dévorée.

Quand je mange cru, je mange moins, ce qui est une bonne chose pour moi. Je me sens plus vite rassasiée et j’ai l’impression que la nourriture crue me donne plus d’énergie. Je ne pense pas passer au 100 % cru un jour, mais je vais certainement continuer à explorer cette alimentation.

La recette du jour : spaghettis de courgettes et sauce crue à la tomate

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C’est la recette super facile et rapide qui plaît à tout le monde à la maison. Les spaghettis de courgette ont un goût assez neutre et une texture proche des spaghettis al dente.

 

Ingrédients pour 4 personnes :

500 gr de courgettes

3 tomates fraîches

1 poivron rouge

2 dattes dénoyautées

1 petite gousse d’ail

2 c.à s. d’huile d’olive

quelques feuilles de basilic

sel, poivre

Préparation (15 minutes) :

Passer les courgettes dans le spiralizer.

Mettre les autres ingrédients dans le robot culinaire et mixer jusqu’à l’obtention d’une sauce.

Et c’est prêt !

 

 

 

 

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Parlons ordures

Quand je vivais en Belgique, je savais exactement quelle quantité de déchets notre famille produisait. La poubelle était munie d’une puce électronique et pesée lors de chaque collecte de déchets. Je sais ainsi qu’en 2013, notre famille a produit 104 kilos de déchets non-recyclables (dont une grande partie était de la litière pour chats), ce qui nous place en dessous de la moyenne wallonne de 174 kilos (moyenne de 2012).

Comme toutes les familles belges, nous avions une poubelle pour le papier, une pour les métaux et plastiques recyclables, deux pour le verre (verre coloré et verre transparent). Nous rapportions nos bouteilles de bière au grand magasin et nous allions de temps en temps au parc à conteneurs pour nous débarrasser des déchets qui n’étaient pas collectés. Comme nous avions un jardin, nous avions aussi un compost. Qu’on soit écolo ou pas, en Belgique le tri est la norme depuis longtemps.

Et ici, aux Émirats ?

La production de déchets par habitants est en moyenne de 730 kilos par an. Il est possible de trier dans certains endroits publics.

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Mais à la maison, on ne trie RIEN. J’ai donc une seule poubelle, dans laquelle je jette tout. Je sors la poubelle tous les deux ou trois jours, tellement j’ai de déchets. Et je ne peux pas m’empêcher d’avoir un pincement au cœur à chaque fois que j’envoie le sac dans le vide-ordure, surtout quand il y a du verre dedans.

J’ai donc voulu en savoir plus sur la gestion des déchets à Abu Dhabi. Frank Ciampa, spécialiste du développement durable aux Émirats, a accepté de répondre à mes questions.

Comme vous allez le voir, la réalité est plus nuancée que ce que j’imaginais.

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les déchets à Abu Dhabi

Frank, peux-tu expliquer brièvement ce que devient mon sac poubelle une fois qu’il a disparu dans le vide-ordure ?

Il est collecté par un prestataire de services environnementaux (désignation officielle d’une entreprise spécialisée dans le traitement des déchets et approuvée par le gouvernement). Ensuite, il va dans un centre de tri où les déchets sont séparés des matières recyclables ayant de la valeur, comme par exemple le papier, le plastique, etc. Les déchets sont envoyés dans une décharge, ou sont incinérés dans un site de valorisation énergétique pour produire de l’électricité. Les matières recyclables sont regroupées et vendues en vrac. En fonction du type de matière, elles peuvent être traitées ici aux Émirats (comme les granulés de plastique, par exemple), ou elles peuvent être exportées en tant que matières non-traitées.

Pourquoi est-il possible de trier les déchets dans certains endroits publics, comme les centres commerciaux, et pas à la maison ?

C’est principalement pour que les gens aient bonne conscience et, en fait, assez inefficace. Si tu regardes dans la poubelle pour les papiers, tu y verras probablement un mélange de déchets qui n’est pas trié du tout. Comme je l’ai dit, les déchets sont triés quoi qu’il arrive. En fait, le centre commercial est tenu de déclarer les volumes de déchets produits, et paie une redevance en fonction du volume. Cette redevance est plus élevée pour les déchets non-recyclables, et diminue en fonction du pourcentage de matières recyclables. C’est pour cette raison que le centre commercial est poussé à trier les déchets avant qu’ils ne soient collectés, pour payer moins. Par exemple, une production de 100 % de déchets non-recyclables coûte plus cher que 80 % de déchets non-recyclables et 20 % de déchets recyclables.

Je croise parfois des hommes à vélo chargés de cartons. Où l’apportent-ils ? Est-ce que je peux me faire de l’argent de poche si je fais la même chose ?

Le carton et le papier sont des matières recyclables qui ont de la valeur, donc les gens les collectent. Les gars à vélo vendent leurs paquets à des gars en camion, qui apportent leur cargaison à Musaffah (je ne sais pas où exactement). Il s’agit en fait d’un réseau logistique assez sophistiqué. Même si le carton a de la valeur, cette dernière est incroyable basse. Si on est un travailleur non-qualifié/non-éduqué, l’effort peut en valoir la peine, mais je te déconseille de faire un voyage à Musaffah avec ta voiture chargée de cartons ; tu dépenserais probablement plus en carburant que ce que tu recevrais en échange des cartons.

Le gouvernement va-t-il prendre des mesures pour inciter les gens à réduire leur production de déchets ? Peut-on s’attendre à des changements à court terme ?

Comme je l’ai expliqué avec l’exemple du centre commercial, le gouvernement a mis en place un programme qui s’applique à toutes les établissements commerciaux. Toutes les entreprises d’Abu Dhabi doivent le respecter. Il n’existe pas de mesures incitatives en ce qui concerne la réduction des déchets ménagers pour l’instant, ni dans un futur proche. Le marché est trop immature et fragmenté pour qu’un mécanisme soit mis en place dans les années à venir. Peut-être à long terme, mais rien à l’horizon, pour autant que je sache.

Il y a quelques mois, j’ai participé à une opération de nettoyage de l’endroit où je vis. L’endroit est de nouveau sale et jonché de détritus, comme si nous n’avions rien fait. Il y a-t-il une instance à laquelle nous pourrions faire appel pour régler le problème ?

Nous partageons la même frustration, et il n’y a pas grand-chose à faire. Tu peux essayer de te plaindre à Tadweer mais je ne sais pas si cela serait suivi d’effets. Ils réagiraient peut-être si tu voyais un camion décharger une grande quantité de déchets, mais je pense que la majorité des ordures que l’on trouve ici (Reem Island) sont jetées par des personnes négligentes. En général, les Émirats Arabes Unis sont très pollués. La seule raison pour laquelle nous ne sommes pas dans les détritus jusqu’aux oreilles, c’est parce que beaucoup de parties de la ville ont des travailleurs qui les ramassent toute la journée. Les personnes non-occidentales considèrent qu’il s’agit d’une solution valide, et ne voient pas pourquoi elles devraient faire des efforts pour trouver une poubelle. Elles se disent « Quelqu’un va ramasser pour moi. » ou « J’aide les éboueurs en leur donnant quelque-chose à faire pour qu’ils aient du travail. ». C’est une attitude absurde, mais bien présente ici. Les personnes qui se soucient de l’environnement et le respectent au quotidien ne représentent qu’une petite minorité de la population du pays.

***

Bon. Je fais donc partie d’une toute petite minorité. Et vous aussi, si vous me lisez depuis les Émirats !

De plus en plus de personnes se mettent au « zéro déchets » de par le monde, avec des résultats bluffants. Voyez par exemple Béa Johnson aux États-Unis, ou Mélanie à Paris. Ce sont des expériences qui m’inspirent beaucoup, et je me demande dans quelle mesure ce mode de vie est applicable aux Émirats.

Même si le « zéro déchets »me semble inaccessible ici, je pense que je pourrais produire moins de déchets que je ne le fais actuellement, et j’ai décidé de tenter l’expérience !

Dans le prochain article, je vous parlerai de ce que j’ai déjà mis en place, et de ce que je vais essayer de faire cette année. Et vous, si vous veniez partager vos idées dans la section commentaires, ou sur la page Facebook du blog ?

À bientôt !

 

Allaiter en public à Dubaï, l’expérience d’une maman

Laura, la trentaine, est la maman d’un Trottineur de deux ans et d’un bébé né en avril 2015. Dans son blog Life with Baby Kicks, elle raconte son quotidien d’expatriée à Dubaï. 

À l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement, je vous propose une traduction de son article « Public Breastfeeding in Dubai ».

« Macierzynstwo 1905 » by Stanisław Wyspiański – http://www.pinakoteka.zascianek.pl. Licensed under Public Domain via Wikimedia Commons – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Macierzynstwo_1905.jpg#/media/File:Macierzynstwo_1905.jpg

Allaiter en public à Dubai, une expérience positive

Après mon article d’hier sur mes débuts dans l’aventure de l’allaitement, je souhaite m’attaquer aujourd’hui au mythe qui voudrait que l’allaitement en public soit mal vu à Dubaï. Non seulement l’allaitement en public y est accepté, mais l’allaitement en général est mis en valeur.

Dubaï, contrée musulmane, exige que l’on s’habille de façon appropriée et respectueuse. C’est à dire qu’il faut couvrir les épaules et les genoux. Cela étant, beaucoup de personnes pensent, à tort, qu’allaiter en public à Dubaï serait totalement inapproprié. Elles ne pourraient pas être plus loin de la vérité.

En réalité, le Coran dit que les enfants devraient être nourris au sein jusqu’à l’âge de deux ans (un texte religieux qui rejoint les recommandations de l’OMS !), ce qui rend les pays musulmans très pro-allaitement.

Et les mères qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets.

Sourate Al Baqara, verset 233

C’est grâce à ce verset que mon aventure de l’allaitement à Dubaï a été incroyable, tout simplement. Les gens me regardent dans les yeux et me sourient pendant que j’allaite. Les gens mettent tout en œuvre pour me donner une place assise. Dans l’aire de jeu, si le bébé a besoin d’être allaité, le personnel garde un œil sur le Trottineur (et le fait généralement courir partout et l’épuise, situation gagnant-gagnant).

Bien que, cela dit, je préfère allaiter dans un café, surtout pour que je puisse me faire plaisir avec un café et un gâteau, le fait d’être avec le Trottineur signifie que j’allaite en général dans une aire de jeu. Je ne sais pas quel crime j’ai commis dans une vie antérieure pour que les aires de jeu jouent un rôle si important dans celle-ci,mais je m’écarte de mon sujet.

J’ai choisi d’utiliser un châle d’allaitement, parce que je suis la personne la moins gracieuse qui soit, et que je ferais probablement gicler du lait dans vos yeux si je n’en avais pas. Mais le châle d’allaitement n’est pas une obligation. Je connais beaucoup de dames qui ne sont pas affligées de ce gène disgracieux et qui allaitent sans châle avec discrétion. Il y a aussi celles auxquelles je voudrais ressembler, qui allaitent dans leur porte-bébé en vaquant à leurs tâches quotidiennes. J’aimerais que quelqu’un m’apprenne comment faire, comme cela fait presque trois ans que j’essaie sans succès. Merci de laisser vos conseils dans les commentaires, j’utilise un Ergo si ça change quelque chose.

Ici, l’allaitement est normal. L’allaitement est encouragé. L’allaitement est tout simplement un fait de la vie courante. Il n’y a ni commentaires négatifs, ni regards en coin, j’adore. Et je suis triste que des personnes doivent subir ceux-ci dans d’autres parties du monde.

Je suis tout aussi triste de penser que des personnes évitent de venir à Dubaï parce qu’elles ont des craintes non-fondées sur l’allaitement. Rassurez-vous ! Vous ne ferez face à aucune attitude négative. Allaiter en public vous met mal à l’aise ? Eh bien. Nous avons certaines des meilleures et plus confortables salles d’allaitement qui existent. N’allez pas imaginer une chaise en plastique dans les toilettes, ici. Pas à Dubaï.

Dubaï, paradis de l’allaitement.

Article original : http://www.lifewithbabykicks.com/2015/08/world-breastfeeding-week-public-breastfeeding-in-dubai.html

Traduction : Anne-Sophie Ronvaux

Mise au vert en Transylvanie

Dire qu’à l’origine, on avait prévu de passer nos vacances ici, à Abu Dhabi.

Je ne le dis pas souvent, mais

LOL.

Vous pourriez penser qu’après avoir débarqué ici en juin et avoir survécu à juillet et août 2014, on aurait compris la leçon ? Il faut croire que l’été émirien, c’est un peu comme les douleurs de l’enfantement, on oublie ce que c’est vraiment… On pense qu’on sait ce qui nous attend et qu’on va pouvoir y faire face avec dignité et sérénité, et puis on se retrouve à supplier qu’on nous donne la péridurale / un billet d’avion pour n’importe quel endroit où il fait VERT, où on peut manger en TERRASSE et se promener DEHORS. De préférence sans malls et peut-être même avec un petit peu de pluie, on n’est pas difficile, hein, tant qu’il n’y a pas de sable. SURTOUT PAS DE SABLE !

Bref, on se retrouve au milieu du mois de mai avec l’envie de partir quelque part en juillet, et on se décide pour la Roumanie, et plus spécifiquement la Transylvanie. Pourquoi la Roumanie ?

Tout d’abord, parce que ce n’est pas trop loin : 4 heures 30 de vol. Si on avait plus ou moins oublié à quel point l’été ici pouvait être insupportable, le traumatisme de notre dernier terrifiant voyage en avion avec un rejeton de l’enfer notre fils ne s’est pas encore effacé.

Ensuite, soyons honnête, parce que c’est une destination bon marché. Nous avons dormi dans des hôtels propres et confortables en payant au maximum 200 AED la nuit à Bucarest et bien moins en Transylvanie. Nous nous attendions à ce que les restaurants ne coûtent pas cher, mais pas à ce que la nourriture soit aussi délicieuse, variée et copieuse. Végétarienne, je m’étais plus ou moins préparée à ne manger que du chou bouilli et des pommes de terre pendant notre séjour, et en fait j’ai grossi fait honneur à la gastronomie locale.

Et puis, imaginez des forêts brumeuses où rôdent encore les ours et les loups, des châteaux de contes de fées perchés sur les montagnes, et surtout des habitants chaleureux qui gardent vivantes des traditions disparues depuis longtemps ailleurs.

Des traditions comme faire les foins à la main, par exemple !

Comme faire les foins à la main, par exemple !

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la Roumanie est un pays qui gagne à être connu.

Résumé de douze jours enchantés

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Jour 1 et 2

Arrivée et visite de Bucarest. Si on devait résumer notre impression de Bucarest en une seule phrase, c’est « moins moche » que ce à quoi nous nous attendions. Nous avons été étonnés par l’aspect hétéroclite de l’architecture : immeubles rococos restaurés côtoyant des barres communistes en voie d’émiettement, tours modernes en verre surplombant de petites églises orthodoxes.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Vous voyez ce que je veux dire ?

Sinon, nous avons été ravis par les nombreux parcs, les terrasses et par le simple fait de pouvoir nous promener à l’extérieur sans suffoquer. Notre hôtel (Mercure City Center) se trouvait dans le centre, près de nombreux musées et entouré de petits restos plus alléchants les uns que les autres.

Nous avons dégusté notre premier repas roumain au restaurant Caru Cu Bere, dans le centre historique. Un peu touristique, ce qui se comprend quand on admire le magnifique décor à l’intérieur. Malgré le monde, le service était sympa et surtout, Niall a particulièrement apprécié le spectacle de danse folklorique !

Et après, il a réclamé des danses folkloriques à chaque fois qu'on a allumé la télévision.

Et après, il a réclamé des danses folkloriques à chaque fois qu’on a allumé la télévision.

Jours 3, 4 et 5

On aurait pu encore rester quelques jours à Bucarest pour faire le tour des musées, des parcs et des terrasses mais ce qu’on voulait nous, c’était du vert, des fleurs, des poules, des loups, bref, combler notre manque de nature ! Nous avons récupéré notre voiture de location pour nous lancer sur les routes roumaines, ce qui est une aventure en soi, mais j’y reviendrai plus tard.

Direction Zărnești en Transylvanie. Au menu, découverte de la charmante ville saxonne de Braşov, visite du château de Bran, randonnée dans les montagnes du Parc National de Craiului (vive le Manduca !) et dégustation d’excellents plats roumains dans le restaurant de notre pension.

Ah, et on a entendu des loups deux nuits d’affilée…

Brasov, comme un petit coin d'Allemagne en Transylvanie.

Brasov, comme un petit coin d’Allemagne en Transylvanie.

Vue d'en-haut. On a pris le téléphérique mais la randonnée doit être sympa aussi !

Vue d’en-haut. On a pris le téléphérique mais la randonnée doit être sympa aussi !

Château de Bran.

Château de Bran.

Parc du château.

Parc du château.

Elle est où, Blanche-Neige ?

Elle est où, Blanche-Neige ?

Parc National de Craiului. Vous entendez les cloches des vaches et des moutons ?

Parc National de Craiului. Au loin, vous pouvez entendre sonner les cloches des vaches et des moutons.

Respirer l'air de la montagne à pleins poumons...

Respirer l’air de la montagne à pleins poumons…

Jour 6

Malgré notre envie de renouer avec la nature, nous craignions que la campagne roumaine ne soit trop « rustique » après Abu Dhabi, et nous avions donc prévu de petites étapes dans des villes touristiques, au cas où la civilisation nous manquerait. L’étape du jour : Sighisoara, jolie comme un village de poupées.

Centre de Sighisoara

Place principale.

Se perdre dans les ruelles moyenâgeuses...

Se perdre dans les ruelles moyenâgeuses…

Jours 7, 8 et 9

Trois jours dans les monts Apuseni, une région magnifique et authentique, mais plus reculée. Si nous avions su que nous mettrions autant de temps à arriver à notre destination, nous aurions sans doute prévu d’y passer plus de temps. Nous avons fait une charmante randonnée jusqu’à la cascade Varciorog, visité la « Grotte de Glace » de Scarisoara et fait du 4×4 sur les pistes forestières. Nous avons passé les trois nuits dans la Pension Vraja Montelui, que nous recommandons pour son sympathique propriétaire, son excellent restaurant et les meilleurs petit-déjeuners que nous ayons mangé pendant notre séjour en Roumanie.

Une cascade au fond des bois.

Une cascade au fond des bois.

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Descente vertigineuse vers la grotte de glace !

Il y a vraiment des gens qui habitent ici.

Il y a vraiment des gens qui habitent ici.

Juste pour voir ce paysage, ça valait la peine de conduire des heures sur des routes cabossées.

Juste pour voir ce paysage, ça valait la peine de conduire des heures sur des routes cabossées.

Jour 10

Nouvelle étape citadine à Sibiu. Jolie ville, un peu trop touristique à notre goût ! On a réalisé qu’on préférait de loin rester dans les montagnes. Mais c’était un excellent point de départ pour faire la route Transfagarasan le lendemain.

Sibiu a été capitale européenne de la culture en 2007.

Sibiu a été capitale européenne de la culture en 2007.

C'est joli. C'est propre. On voit plein de cars de retraités allemands.

C’est joli. C’est propre. Il y a plein de cars de retraités allemands.

Jour 11

Nous avons passé la journée à conduire. Juste pour le plaisir de conduire. Nous sommes allés de Sibiu à Sinaia, mais pas par le chemin le plus court, oh non ! Mon homme tenait absolument à passer par la route Transfagarasan qui a été désignée « meilleure route du monde » par le magazine Top Gear. En gros, c’est une route qui traverse cette chaîne de montagnes :

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Où c’est tellement joli que tu veux t’arrêter tous les 100 mètres pour prendre des photos :

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À condition de ne pas avoir le vertige, bien sûr :

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On s’est arrêté dans l’hôtel Valea cu Pesti pour manger. Le restaurant était complètement vide, ce qui me laisse perplexe. La nourriture était très bonne et le service rapide, du coup !

Parce que la vue de la terrasse est vraiment moche, peut-être ?

La vue de la terrasse est tellement moche, on comprend qu’il n’y ait personne !

Après le lac Vidraru, la route à commencé à sembler vraiment longue. Car ce n’est pas une expérience agréable que de conduire sur les petites routes roumaines (mais j’y reviendrai). Comme j’avais laissé l’Homme organiser cette partie du voyage, je ne m’attendais pas à repasser par le Parc de Craiului en revenant. Une bonne surprise.

La montagne, c'est beau tout le temps, même sous l'orage.

La montagne, c’est beau tout le temps, même sous l’orage.

Nous avons passé la nuit à Sinaia. Une station de montagne visiblement très populaire, mais que nous n’avions plus le courage de visiter après avoir passé la journée à conduire. Nous avons rejoint les bras de Morphée directement après notre repas dans l’excellent restaurant de l’hôtel Smart.

Dernier jour

Impossible de quitter Sinaia sans passer par le château Peles, l’un des châteaux les plus connus de Roumanie. Malheureusement, nous sommes étions trop matinaux pour visiter l’intérieur (il faut dire que Niall nous avait plus ou moins encouragés à nous lever tôt). Malgré tout, la balade dans le parc qui entoure le château Peles et son voisin le château Pelisor valait tout à fait le déplacement. C’était un dernier moment féerique avant de rejoindre Bucarest et puis Abu Dhabi.

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Le château Peles

Le château Pelisor

Le château Pelisor

Notre coup de gueule : conduire en Roumanie

Alors, ce n’est pas le fait de doubler les charrettes à cheval.

Si.

Si.

Ce n’est pas l’état des routes. En fait, les routes sont étroites, mais nous n’avons rencontré que quelques sections où il fallait vraiment faire attention aux nids de poule. Et rien de bien effrayant pour qui a déjà eu le plaisir de conduire sur les routes de Wallonie.

Mais les camions qui dépassent à toute vitesse dans les petits villages ? Les chauffards qui dépassent dans les tournants sur les routes de montagne (et en Dacia, pour l’amour de Dieu) ? Les gens qui ne tiennent pas leur droite dans les tournants des routes étroites ?

Sérieusement ?

On a eu peur, mais vraiment peur, de rencontrer une fin précoce au détour d’une route roumaine. Au moins trois ou quatre fois.

Et parce que j’aime finir sur une note positive…

Notre coup de cœur : la pension Hora cu Brazi à Zarnesti

Ah, le bel, le bel endroit.

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Nous avions choisi cette pension car elle était située à l’orée du Parc National de Craiului et tout près de plusieurs endroits que nous tenions à visiter en Transylvanie, comme la ville de Brasov et le château de Bran. Les avis sur Booking étaient excellents et pourtant, ils ne lui rendent pas justice. Oui, c’est vrai que la vue depuis la chambre est magnifique :

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Mais il y a plus. C’est réellement un endroit qui a une âme. Je ne sais pas si cela tient à la gentillesse des gens qui y travaillent et qui prennent le temps de discuter avec leurs hôtes, si c’est la décoration kitsch mais charmante, les fleurs partout, ou si c’est parce qu’il y a un grand jardin avec des jeux et une mini-ferme pleine d’animaux pour le plus grand plaisir des enfants.

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Oh, et le restaurant. Un rêve pour les amateurs de gastronomie locale. Une des employées m’a dit que 80 % des produits servis provenaient de leur potager, verger et ferme. L’Homme a mangé des truites grillées au barbecue que le cuisinier venait de pêcher dans leur bassin à truites. Il a aussi bu du lait qu’on venait de traire de la vache. Je me suis régalée avec leurs nombreux plats végétariens, et j’ai d’ailleurs essayé d’en reproduire certains depuis notre retour.

Le bassin à truites

Le bassin à truites

Après trois nuits, nous avons eu un pincement au cœur au moment de partir. D’ailleurs, c’est bien simple, si nous revenons en Roumanie, ce que j’espère, on ira directement là-bas et on y restera toutes les vacances !

On sait qu’on a passé de bonnes vacances quand on est triste de partir. Et c’était le cas, vraiment.

Liste des phrases qu’on ne m’aurait jamais entendue dire…

… si je n’avais pas déménagé à Abu Dhabi !

Toutes véridiques, sauf une. La trouverez-vous ?

Hisilicon K3

En été :

« On va dans quel centre commercial ce weekend ? »

« Pfff, j’en ai marre des centres commerciaux d’Abu Dhabi. Et si on allait dans un centre commercial à Dubaï pour changer ? »

« Ne touche pas la vitre de la voiture, Bébé, tu vas te brûler. »

« À quoi bon aller au hammam alors qu’il suffit de s’asseoir dix minutes sur le balcon pour avoir le même effet ? »

« Aller à la plage au mois de juillet ! A-t-on idée ? C’est bien un truc de touriste, ça. »

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En hiver : 

« Qu’est-ce que ça fait du bien de pouvoir ouvrir les fenêtres ! »

« Il ne fait que vingt degrés dehors, tu crois qu’il faut mettre un pull au petit ? Hier, j’ai vu un gamin avec un bonnet et une écharpe. »

« Regarde Bébé, il y a de l’eau qui tombe du ciel. On appelle ça de la pluie. »

« On ne voit rien dehors. Brouillard ou tempête de sable ? »

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Sur la route :

« Laisse-le te dépasser, c’est un local. »

« Mais qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce gars pour acheter une Lamborghini vert pomme ? C’est laid ! »

« Franchement, les Ferrari, c’est d’un commun… Regarde chéri, regarde ! Une POLO ! »

« On a le droit de s’arrêter pour le gars qui fait du stop au bord de l’autoroute ou pas ? »

« Attention, il y a des Indiens qui traversent. » (L’autoroute. Dans le noir.)

« C’est Mawaqif ici ? Ah c’est vrai, on s’en fiche, on est vendredi. »

« Le plein, s’il vous plaît. Gardez la monnaie. »

« C’est quand même fou, toutes ces belles voitures dont le clignotant est en panne ! »

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Au quotidien :

« C’est gentil vous savez,  mais je suis capable d’emballer mes courses toute seule. Et de les porter aussi. »

« J’ai pas eu le temps de cuisiner ce soir. Tu veux que je commande indien, libanais, afghan, pakistanais, italien, vietnamien, japonais, iranien, chinois ou éthiopien ? »

« Zut, je n’ai plus de farine. Tu veux bien appeler l’épicerie ? »

« Bébé, arrête d’imiter le muezzin, tu vas finir par nous attirer des problèmes. »

« Je veux une abaya. C’est trop beau. »

« Je te jure que j’adore porter un burkini. C’est la liberté, vraiment ! »

La preuve !

La preuve !

Et vous, quelles sont les phrases que vous n’auriez jamais dites avant de vous expatrier… Ici ou ailleurs ?

Pourquoi j’ai caché (presque) tous les jouets de mon fils

Mon fils a deux ans et trois mois. Voilà tous les jouets qu’il possède.

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Ces jouets se trouvent dans une valise, la valise sous le lit, et je ne l’ouvre que toutes les deux semaines.

Avant, les jouets de N. étaient tous rangés dans sa chambre et dans la bibliothèque du salon, à des endroits accessibles pour lui. Il y a quelques mois encore, je pensais qu’un enfant n’avait jamais assez de jouets… Alors que j’essaie de désencombrer notre vie dans tous les domaines, ma quête de simplicité s’arrêtait aux portes de la chambre de N. Nous voulons tous ce qu’il y a de meilleur pour notre enfant, non ? Et puis, en tant que maman au foyer, j’espérais trouver LE jouet qui l’occuperait assez pour que j’aie un peu de temps libre, vous savez, pour prendre une douche, aller aux toilettes SEULE, regarder Facebook. Mais même les nouveaux jouets qu’il semblait apprécier en magasin le lassaient très vite une fois à la maison. Il jouait toujours avec les mêmes choses, et jamais assez longtemps pour que je puisse faire quoi que ce soit. Frustrant.

Un jour, une amie a partagé sur un réseau social l’histoire de Hattie Garlick, qui a vécu un an sans rien dépenser pour son fils de deux ans. Elle a décidé de ne plus acheter de nourriture spécialement conçue pour les enfants, ni de vêtements, ni de jouets, et de ne plus lui payer de cours ou d’activités.

Même si cela me paraissait extrême, cette expérience faisait résonner quelque chose en moi et j’ai été voir le blog. Je l’ai lu du début à la fin, comme on dévore un bouquin ! Bien sûr, Hattie peut relever ce défi parce qu’elle soutenue par sa famille et ses amis qui lui donnent des vêtements et des jouets dont ils n’ont plus besoin, elle est dans une communauté Freecycle assez active etc… Mais ce qui m’a le plus frappée dans son témoignage, c’est que son fils s’est à peine rendu compte du changement.

Cette lecture a fait germer une graine en moi. J’ai réalisé que je ne m’étais pas vraiment posé de questions sur la manière dont je voulais élever mon enfant. La démarche d’Hattie me semblait bien plus proche de ce à quoi j’aspirais, et j’ai continué à m’informer sur la simplicité volontaire dans le domaine de l’éducation.

En même temps que je lisais ce blog, je cherchais des idées pour aménager la nouvelle chambre de N. Une amie m’a orientée vers les chambres d’inspiration Montessori, qui m’ont tout de suite séduites par leur aspect chaleureux et naturel. Je dois dire que j’avais des doutes par rapport au matelas sur le sol, par rapport au bon vieux lit à barreaux. Est-ce que N. allait toujours faire ses nuits et ses siestes, s’il était libre d’entrer et de sortir du lit ?

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Non seulement il dort toujours aussi bien, mais il lui arrive d’aller se coucher seul, s’il est fatigué. Et il ne hurle plus dès son réveil. La plupart du temps, il va jouer un peu tout seul avant de nous appeler.

À partir de là, je me suis intéressée à la pédagogie Montessori et ensuite à la pédagogie Steiner. Cette dernière me parle beaucoup car on y apporte une grande importance à l’imagination, à la créativité et au rapport avec la nature. Ayant étudié l’allemand, je connaissais l’existence des écoles Steiner-Waldorf, j’avais entendu parler de biodynamie et de médecine anthroposophique et j’utilisais les produits Weleda. Mais je n’avais pas réalisé qu’il s’agissait d’une philosophie de vie dont on pouvait appliquer les principes dès le plus jeune âge.

J’ai acheté plusieurs livres sur l’éducation d’inspiration Steiner, et petit à petit nos journées ont changé. Le changement tient en deux mots : rythme et simplicité.

Tout d’abord, j’ai travaillé à instaurer un rythme dans les journées. Voilà à quoi ressemble une journée typique : après le petit déjeuner, nous jouons un peu ensemble et puis je fais les tâches ménagères. S’il reste du temps avant le repas de midi, je sors les crayons ou la pâte à modeler. Après le repas, c’est l’heure de la sieste. Ensuite, nous allons jouer dehors pendant une à deux heures. De retour dans l’appartement, on prend le bain et puis s’il reste du temps il a le droit de regarder des dessins animés jusqu’au retour de papa. On mange ensemble et puis dodo ! Parfois, on invite un ami ou on va en ville le matin, mais en général on passe pas mal de temps à la maison.

De prime abord, cette routine peut sembler peu stimulante pour un bébé. Et rétrograde pour moi, qui n’avais pas imaginé me transformer un jour en Madame Fée du Logis ! Mais plus je la pratique, plus je suis convaincue de son efficacité. Déjà au point de vue discipline. N. faisait régulièrement des crises au moment du coucher ou du bain, et réclamait à manger en dehors des repas. Il est beaucoup plus calme et coopératif maintenant qu’il sait à quoi s’attendre. Et surtout, il a appris à se poser et à jouer pendant les moments où je suis occupée.

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La vie est aussi plus facile pour moi depuis que je considère les tâches ménagères comme des activités éducatrices à part entière. Je pensais que ma responsabilité était de distraire  N. et de le stimuler le plus possible, et je culpabilisais de ne pas avoir de plaisir à jouer avec lui ou de lui raconter « Tchoupi va à la plage » pour la quarantième fois. En fait, il est tout aussi content de m’observer faire la vaisselle ou étendre le linge, et il adore « m’aider » à nettoyer les fenêtres ou à mettre la table.

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Bon, c’est bien joli tout ça, il fait la vaisselle et tout, mais cela n’explique pas pourquoi j’ai caché ses jouets dans la valise sous le lit !

L’autre changement que la pédagogie Steiner-Waldorf a apporté dans mon quotidien, c’est la simplicité. J’ai désencombré le coffre à jouets. En fait, tous les jouets fonctionnant avec des piles ont quitté notre maison (pour le plus grand bonheur de mes oreilles), ainsi que pratiquement tous les jouets en plastique. N. n’a rien remarqué. J’ai gardé les jouets dont je ne pouvais pas me séparer pour des raisons sentimentales, ceux qui ne l’intéressent pas pour le moment mais qu’il aimera certainement plus tard et ceux que lui adore ! Malgré tout, beaucoup de ces jouets font double emploi. Je pense qu’il avait du mal à jouer parce qu’il avait trop de choix. Depuis que je cache ses jouets et que je ne lui laisse qu’une petite sélection, il joue vraiment plus longtemps et de façon plus élaborée.

Voilà la sélection actuelle.

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Et du coup, on achète plus de jouets alors ? On n’est pas des parents indignes quand même, regardez le magnifique cadeau que N. a reçu pour son anniversaire. Sans hésiter un des meilleurs cadeaux qu’il ait reçu, il s’en sert tout le temps !

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Si vous connaissez la pédagogie Steiner-Waldorf, vous aurez remarqué que je ne l’applique pas de façon puriste. N. a quelques jouets en plastique, comme les Duplos, et je le laisse regarder un peu la télévision. L’aspect légèrement dogmatique de cette pédagogie peut rebuter certaines personnes, et les jouets spécifiquement Steiner sont magnifiques mais pas à la portée de toutes les bourses. Je compte bien approfondir mes connaissances sur les pédagogies alternatives et revenir régulièrement en parler sur ce blog, au fil des découvertes et des expériences réussies.

Si vous ne connaissez pas la pédagogie Steiner-Waldorf et que vous voulez en savoir plus sur le sujet, mon livre préféré sur le sujet est « You Are Your Child’s First Teacher » de Rahima Baldwin Dancy. Pour autant que je sache, il n’a pas été traduit en français et c’est bien dommage (à propos, je rappelle que je suis traductrice… Juste au cas où un éditeur passerait par ici !).

Et chez vous, ça se passe comment pour les jouets ? Ça vous parle, la simplicité volontaire pour les enfants ?

Les commentaires sont ouverts 🙂

Les quatre cosmétiques naturels dont je ne pourrais plus me passer

Je n’ai pas encore parlé de simplicité volontaire ici. C’est un mode de vie qui me tient à cœur, et aussi un vrai défi quotidien dans un pays où le luxe est omniprésent.

Chacun définit ce terme à sa façon. Pour certains, il peut s’agir de vivre dans un intérieur minimaliste (mais design) et de parcourir le monde en n’emportant que quelques robes (en soie ou cachemire) dans son sac (de luxe), à la Dominique Loreau. Ou alors, vivre sans produire de déchets, manger local, voire se passer d’électricité en pleine ville, comme Colin Beavan.

Entre ces deux extrêmes, il y a notre famille.

Franchement, la situation actuelle me rend hippie. Après avoir vu certains documentaires et réalisé certaines choses, j’ai eu envie de tout plaquer pour aller élever des chèvres dans une yourte, loin de toute civilisation. Qui sait… peut-être que ça arrivera un jour ? En attendant, je m’informe beaucoup et j’essaie de résister aux sirènes de la société de consommation.

Chez nous, la simplicité volontaire, c’est consommer le moins possible, consacrer notre argent à des produits de qualité qui durent longtemps, et en général prendre du recul par rapport aux produits proposés.

Aujourd’hui, parlons cosmétiques naturels à Abu Dhabi. Soupir. C’est bien simple, je ne vais plus jamais au rayon « cosmétiques » des grands magasins en faisant les courses ( ni d’ailleurs au rayon « hygiène féminine », mais ça, c’est une autre histoire !). En regardant l’étiquette des ingrédients, je me pose deux questions :

– Le produit contient-il des ingrédients controversés ?

Sels d’aluminium, Sodium Laureth Sulfate, parabens, Methylisothiazolinone, Phenoxyethanol… Certains diront que rien ne prouve que ces ingrédients sont dangereux, que les produits sont testés (sur des animaux) avant d’être mis sur le marché, que les études disent tout et son contraire. On a dit ça aussi de l’amiante, des cigarettes et plus récemment du bisphenol A. À chacun de voir jusqu’à quel point il veut faire confiance à l’industrie des cosmétiques conventionnels. 

– Le produit contient-il des dérivés du pétrole ?

Certes j’habite au pays de l’or noir. Cette ressource naturelle a fait la richesse des Émirats, et on en profite tous indirectement, ne le nions pas. Mais ce n’est pas pour cela que j’ai envie d’en mettre sur ma peau.

Voilà, deux questions toutes simples, n’est-ce pas ? Mais une fois qu’on a appris à décoder les étiquettes pour y répondre, on se met à éviter tout un tas de produits et à se méfier du greenwashing. Que celle qui n’a jamais acheté un produit chez Yves Rocher pour y découvrir plein de produits chimiques me jette le premier savon !

Rassurez-vous, ce n’est pas parce que j’évite tous ces produits conventionnels que je suis devenue une hippie hirsute sentant la chèvre et le patchouli (ça c’est pour quand j’aurai réussi à convaincre l’homme pour la yourte). Au contraire, les produits que j’utilise ont plutôt eu un effet positif puisque j’en utilise moins, pour un meilleur résultat !

1. Le déodorant naturel et efficace

Le déodorant était le seul cosmétique que j’achetais encore en « conventionnel », car depuis le temps que j’essayais des produits bio, je n’en avais trouvé aucun efficace à cent pour cent. Je ne cherchais pas de déodorant anti-transpirant, car je pense que la transpiration est nécessaire au corps. Par contre, j’en voulais un qui empêche la transpiration de sentir mauvais. Aujourd’hui, c’est chose faite avec ce produit miracle : le bicarbonate de soude ! J’en applique un peu sous les bras après ma douche. C’est très efficace, l’effet dure jusqu’au lendemain. Bien sûr, c’est un peu étrange au début d’étaler une poudre quand on a l’habitude d’un stick ou d’un roll-on. Mais on s’habitue vite, essayez, vous m’en direz des nouvelles ! Attention de choisir du bicarbonate de soude en poudre très fine.

Celui-ci se trouve chez Lulu et est vraiment parfait. 6,50 dirhams

Celui-ci se trouve chez Lulu et est vraiment parfait. 6,50 dirhams

Celui-ci est à éviter, sauf si vous tenez à vous faire un gommage des aisselles.

Celui-ci est à éviter, sauf si vous tenez à vous faire un gommage des aisselles.

2. Le savon ultra-doux et hydratant

Bien connu dans les pays arabes, il s’agit du savon d’Alep. Bon, je vous préviens, ce n’est pas le plus glamour des savons. Il n’a pas une jolie couleur (brun-vert) et a une odeur plutôt brute. Il m’arrive d’acheter d’autres savons pour varier, mais je finis toujours par racheter celui-là ! Je l’utilise pour nettoyer mon visage le soir, et aussi pour me laver, surtout si j’ai la peau un peu plus sèche que d’habitude. Avec ce savon, pas besoin de lotion hydratante pour le corps, ça fait des années que je n’en ai plus acheté. C’est aussi le savon que j’utilise pour le change de bébé, sur les conseils des sage-femmes de la maternité. Et il dure vraiment longtemps ! Puisque c’est un produit arabe, on pourrait penser qu’on en trouver facilement à Abu Dhabi, mais jusqu’ici je n’en ai vu que dans trois magasins : un herboriste près de Madinat Zayed (5 dirhams mais pas la meilleure qualité), le magasin de produits naturels Laverne à WTC Souk (25 dirhams, avec des parfums comme la rose) et, toujours au WTC Souk, chez l’herboriste qui vend du miel yéménite (10 dirhams, celui que nous utilisons). Il faut demander « laurel soap » et insister « the old one from Syria », sinon ils en refilent un autre qu’on trouve partout et qui n’est pas aussi bien.

Ingrédients : huile d'olive, huile de laurier, eau, soude végétale. Je me demande dans quelle mesure le savon vient toujours d'Alep, vu la situation là-bas.

Ingrédients : huile d’olive, huile de laurier, eau, soude végétale. Je me demande dans quelle mesure le savon vient toujours d’Alep, vu la situation là-bas.

3. L’huile hydratante qui m’a valu des compliments

L’huile de coco.

Le produit hype du moment dans les cercles écolos. C’est vrai qu’elle sent bon, qu’elle sert à tout et qu’elle est facile à appliquer par rapport aux autres huiles végétales, puisqu’elle reste semi-solide à température ambiante et qu’elle fond dès qu’elle entre en contact avec la peau.

Je m’en sert le soir avant d’aller dormir, et le matin avant de me maquiller. Elle pénètre vite si on n’en met pas trop. Je l’applique aussi sur les pointes de mes cheveux après la piscine ou la plage. Elle se mange aussi, et a paraît-il tout un tas d’effets extraordinaires. Chez moi, elle reste dans la salle de bain (cette mode des super-aliments miracles m’énerve un peu).

Bon, je ne suis pas le genre de fille à qui on fait des compliments sur sa peau, ses cheveux ou ses oreilles. Mais là, depuis que j’utilise l’huile de coco, deux personnes m’ont fait des compliments sur mon teint, c’est dire si elle est efficace !

23 dirhams chez Lulu Al Wahda. La marque Biona est bien aussi, mais plus chère.

23 dirhams chez Lulu Al Wahda. La marque Biona est bien aussi, mais plus chère.

4. Le shampoing qui me fait aimer les shampoings

Pour moi, acheter un shampoing naturel revenait un peu à jouer à la roulette russe. En effet, j’ai le cuir chevelu très sensible et les trois-quarts des shampoings, même certifiés bio, me donnaient des démangeaisons. Avec les autres, même avec ma marque chérie Weleda, mes cheveux étaient plutôt ternes et difficiles à coiffer.

Donc, j’avais le choix entre les démangeaisons ou les cheveux ternes. Mais ça, c’était avant.

Savona Middle East - 50 Dirhams - Marché de Saadiyat

Savona Middle East – 50 Dirhams – Marché de Saadiyat

Liste des ingrédients. Dommage pour l'huile de palme.

Liste des ingrédients. Dommage pour l’huile de palme.

J’ai rencontré M. Savona  Middle East sur le marché de Saadiyat, et ma vie capillaire a changé ! Il s’agit d’un pharmacien qui fabrique des savons naturels aux huiles essentielles. Je suis ravie de son shampoing solide à l’huile de noix de Macadamia et au romarin. Il m’a conseillé d’utiliser du vinaigre de cidre dilué dans de l’eau comme après-shampoing et c’est la formule parfaite pour mes cheveux. Ils sont doux, brillants et faciles à coiffer. En outre, je ne sais pas si c’est lié, mais je perdais beaucoup de cheveux depuis mon arrivée à Abu Dhabi, et la chute s’est bien calmée depuis que je lave mes cheveux avec ce shampoing. Je vois la différence en vidant le filtre de mon aspirateur, maintenant il n’y a plus que des poils de chat. Peut-être que je devrais essayer le shampoing sur le chat ?

Il n'a pas l'air très enthousiaste... Pourtant, s'il coopérait, je devrais passer beaucoup moins souvent l'aspirateur, et il a HORREUR de l'aspirateur. On va en discuter.

Il n’a pas l’air très enthousiaste… Pourtant, s’il coopérait, je devrais passer beaucoup moins souvent l’aspirateur, et il a HORREUR de l’aspirateur. On va en discuter.