Pourquoi j’ai caché (presque) tous les jouets de mon fils

Mon fils a deux ans et trois mois. Voilà tous les jouets qu’il possède.

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Ces jouets se trouvent dans une valise, la valise sous le lit, et je ne l’ouvre que toutes les deux semaines.

Avant, les jouets de N. étaient tous rangés dans sa chambre et dans la bibliothèque du salon, à des endroits accessibles pour lui. Il y a quelques mois encore, je pensais qu’un enfant n’avait jamais assez de jouets… Alors que j’essaie de désencombrer notre vie dans tous les domaines, ma quête de simplicité s’arrêtait aux portes de la chambre de N. Nous voulons tous ce qu’il y a de meilleur pour notre enfant, non ? Et puis, en tant que maman au foyer, j’espérais trouver LE jouet qui l’occuperait assez pour que j’aie un peu de temps libre, vous savez, pour prendre une douche, aller aux toilettes SEULE, regarder Facebook. Mais même les nouveaux jouets qu’il semblait apprécier en magasin le lassaient très vite une fois à la maison. Il jouait toujours avec les mêmes choses, et jamais assez longtemps pour que je puisse faire quoi que ce soit. Frustrant.

Un jour, une amie a partagé sur un réseau social l’histoire de Hattie Garlick, qui a vécu un an sans rien dépenser pour son fils de deux ans. Elle a décidé de ne plus acheter de nourriture spécialement conçue pour les enfants, ni de vêtements, ni de jouets, et de ne plus lui payer de cours ou d’activités.

Même si cela me paraissait extrême, cette expérience faisait résonner quelque chose en moi et j’ai été voir le blog. Je l’ai lu du début à la fin, comme on dévore un bouquin ! Bien sûr, Hattie peut relever ce défi parce qu’elle soutenue par sa famille et ses amis qui lui donnent des vêtements et des jouets dont ils n’ont plus besoin, elle est dans une communauté Freecycle assez active etc… Mais ce qui m’a le plus frappée dans son témoignage, c’est que son fils s’est à peine rendu compte du changement.

Cette lecture a fait germer une graine en moi. J’ai réalisé que je ne m’étais pas vraiment posé de questions sur la manière dont je voulais élever mon enfant. La démarche d’Hattie me semblait bien plus proche de ce à quoi j’aspirais, et j’ai continué à m’informer sur la simplicité volontaire dans le domaine de l’éducation.

En même temps que je lisais ce blog, je cherchais des idées pour aménager la nouvelle chambre de N. Une amie m’a orientée vers les chambres d’inspiration Montessori, qui m’ont tout de suite séduites par leur aspect chaleureux et naturel. Je dois dire que j’avais des doutes par rapport au matelas sur le sol, par rapport au bon vieux lit à barreaux. Est-ce que N. allait toujours faire ses nuits et ses siestes, s’il était libre d’entrer et de sortir du lit ?

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Non seulement il dort toujours aussi bien, mais il lui arrive d’aller se coucher seul, s’il est fatigué. Et il ne hurle plus dès son réveil. La plupart du temps, il va jouer un peu tout seul avant de nous appeler.

À partir de là, je me suis intéressée à la pédagogie Montessori et ensuite à la pédagogie Steiner. Cette dernière me parle beaucoup car on y apporte une grande importance à l’imagination, à la créativité et au rapport avec la nature. Ayant étudié l’allemand, je connaissais l’existence des écoles Steiner-Waldorf, j’avais entendu parler de biodynamie et de médecine anthroposophique et j’utilisais les produits Weleda. Mais je n’avais pas réalisé qu’il s’agissait d’une philosophie de vie dont on pouvait appliquer les principes dès le plus jeune âge.

J’ai acheté plusieurs livres sur l’éducation d’inspiration Steiner, et petit à petit nos journées ont changé. Le changement tient en deux mots : rythme et simplicité.

Tout d’abord, j’ai travaillé à instaurer un rythme dans les journées. Voilà à quoi ressemble une journée typique : après le petit déjeuner, nous jouons un peu ensemble et puis je fais les tâches ménagères. S’il reste du temps avant le repas de midi, je sors les crayons ou la pâte à modeler. Après le repas, c’est l’heure de la sieste. Ensuite, nous allons jouer dehors pendant une à deux heures. De retour dans l’appartement, on prend le bain et puis s’il reste du temps il a le droit de regarder des dessins animés jusqu’au retour de papa. On mange ensemble et puis dodo ! Parfois, on invite un ami ou on va en ville le matin, mais en général on passe pas mal de temps à la maison.

De prime abord, cette routine peut sembler peu stimulante pour un bébé. Et rétrograde pour moi, qui n’avais pas imaginé me transformer un jour en Madame Fée du Logis ! Mais plus je la pratique, plus je suis convaincue de son efficacité. Déjà au point de vue discipline. N. faisait régulièrement des crises au moment du coucher ou du bain, et réclamait à manger en dehors des repas. Il est beaucoup plus calme et coopératif maintenant qu’il sait à quoi s’attendre. Et surtout, il a appris à se poser et à jouer pendant les moments où je suis occupée.

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La vie est aussi plus facile pour moi depuis que je considère les tâches ménagères comme des activités éducatrices à part entière. Je pensais que ma responsabilité était de distraire  N. et de le stimuler le plus possible, et je culpabilisais de ne pas avoir de plaisir à jouer avec lui ou de lui raconter « Tchoupi va à la plage » pour la quarantième fois. En fait, il est tout aussi content de m’observer faire la vaisselle ou étendre le linge, et il adore « m’aider » à nettoyer les fenêtres ou à mettre la table.

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Bon, c’est bien joli tout ça, il fait la vaisselle et tout, mais cela n’explique pas pourquoi j’ai caché ses jouets dans la valise sous le lit !

L’autre changement que la pédagogie Steiner-Waldorf a apporté dans mon quotidien, c’est la simplicité. J’ai désencombré le coffre à jouets. En fait, tous les jouets fonctionnant avec des piles ont quitté notre maison (pour le plus grand bonheur de mes oreilles), ainsi que pratiquement tous les jouets en plastique. N. n’a rien remarqué. J’ai gardé les jouets dont je ne pouvais pas me séparer pour des raisons sentimentales, ceux qui ne l’intéressent pas pour le moment mais qu’il aimera certainement plus tard et ceux que lui adore ! Malgré tout, beaucoup de ces jouets font double emploi. Je pense qu’il avait du mal à jouer parce qu’il avait trop de choix. Depuis que je cache ses jouets et que je ne lui laisse qu’une petite sélection, il joue vraiment plus longtemps et de façon plus élaborée.

Voilà la sélection actuelle.

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Et du coup, on achète plus de jouets alors ? On n’est pas des parents indignes quand même, regardez le magnifique cadeau que N. a reçu pour son anniversaire. Sans hésiter un des meilleurs cadeaux qu’il ait reçu, il s’en sert tout le temps !

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Si vous connaissez la pédagogie Steiner-Waldorf, vous aurez remarqué que je ne l’applique pas de façon puriste. N. a quelques jouets en plastique, comme les Duplos, et je le laisse regarder un peu la télévision. L’aspect légèrement dogmatique de cette pédagogie peut rebuter certaines personnes, et les jouets spécifiquement Steiner sont magnifiques mais pas à la portée de toutes les bourses. Je compte bien approfondir mes connaissances sur les pédagogies alternatives et revenir régulièrement en parler sur ce blog, au fil des découvertes et des expériences réussies.

Si vous ne connaissez pas la pédagogie Steiner-Waldorf et que vous voulez en savoir plus sur le sujet, mon livre préféré sur le sujet est « You Are Your Child’s First Teacher » de Rahima Baldwin Dancy. Pour autant que je sache, il n’a pas été traduit en français et c’est bien dommage (à propos, je rappelle que je suis traductrice… Juste au cas où un éditeur passerait par ici !).

Et chez vous, ça se passe comment pour les jouets ? Ça vous parle, la simplicité volontaire pour les enfants ?

Les commentaires sont ouverts 🙂

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